Livre numérique: "Il ne faut rien imposer, c'est un choix personnel"

Le livre électronique: produit commercial ou outil culturel?
Le livre électronique: produit commercial ou outil culturel? - © ERIC PIERMONT - IMAGEGLOBE

Peut-on encore se passer du livre numérique ? Est-ce un simple basculement technologique? Faut-il laisser les acteurs économiques décider de son évolution ou, au contraire, soutenir le développement de l’édition digitale ? Ce sont quelques-unes des questions abordées avec Pierre de Mûelenaere, l'un des fondateurs de la maison d’édition numérique Onlit lors de notre chat ce mardi midi.

A défaut d’être mature, le marché du livre numérique belge n’est pas non plus à la traîne. Nous aurions simplement entre 3 et 4 ans de retard sur nos plus imposants voisins. Si un lecteur américain sur quatre est passé au numérique,  l’Europe rattrape son retard au pas de charge avec une croissance annuelle de 100%. Peut-être l’occasion, pour l’industrie du livre, de contrecarrer la baisse lente (4%) mais continue de l’édition papier.

Selon Thibault Léonard, éditeur de la maison d’édition numérique Primento, les ventes de livres numériques, qui se sont élevées, tous genres confondus, à 35 millions d'euros en 2012 (+7,8% par rapport à 2011), ne dépassent néanmoins pas encore celles des livres papier, dont le chiffre d'affaires s'est établi à 259,3 millions d'euros, selon les statistiques du livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Onlit, première maison d'édition littéraire à 100 % numérique en Belgique francophone a précisément pour mission principale de promouvoir la littérature francophone.

En Flandre, deux élèves sur trois font des exercices sur ordinateur et l’on assiste à une rapide évolution des grandes maisons d’édition de livres scolaires (Plantyn et Van In) qui proposent maintenant aux écoles des alternatives digitales au papier. Une tendance que l’on ne retrouverait pas dans le sud du pays.

Peut-on compter sur la tablette pour orienter les lecteurs papier vers la page numérique ? La Commissaire européenne Neely Kroes, affirmait il y a peu "que chaque classe soit passée au numérique d'ici à 2020".  Qu’en sera-t-il pour les amateurs de livres ? 

Pierre de Mûelenaere préfère parler d'"un nouveau support pour le livre" et rappelle que "quand on regarde notre histoire culturelle, le livre papier est lui-même déjà une évolution d'un état précédent""En ce sens, je pense que le livre numérique agrandit la diffusion des contenus littéraires"

Il estime d'ailleurs qu'il "est important c'est de ne pas prendre trop de retard et de développer le savoir faire numérique. c'est indispensable". Les bibliothèques et les libraires doivent suivre le mouvement. Des projets sont d'ailleurs en cours en collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Pour ce co-fondateur d'Onlit : "Le nativement numérique est ceci : nous pensons que l'avenir sera une première édition numérique accessible partout dans le monde entier, duplicable à l'infini. A côté de cela, va se développer l'impression à la demande qui permettra aux amoureux du papier de se procurer l'objet dans sa finitude et sa rareté". Mais pour l'instant, "les éditeurs perçoivent le numérique comme une menace". 

"Le milieu du livre francophone, en ce compris le milieu de l'édition, est frileuse et plutôt parfois trop passéiste", précise-t-il, "les lecteurs qui s'y mettent de ce fait sont en avance. ils vont bousculer l'édition qui va se rendre compte qu'il faut y aller ! "

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C.B. et Jean-Claude Verset

 

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