Le changement d'heure: une période risquée pour les piétons

Le dimanche 28 octobre, nous passerons à l’heure d’hiver. Ce sera peut-être pour la dernière fois que nous devrons régler nos montres puisque le double changement d’heure devrait être aboli l’année prochaine.

Après cette date, il fera noir une heure plus tôt. Selon plusieurs enquêtes, les piétons seront les premiers à subir les conséquences de ce retardement de la luminosité. La période après le changement d’heure est-elle vraiment une période propice aux accidents ?

Plus d'accidents entre octobre et novembre

Selon Benoît Godart, le porte-parole de l’institut Vias, l’ancien IBSR, l’Institut belge pour la sécurité routière, la période qui succède au changement d'heure est la "principale période de risques de l'année". "D’octobre à novembre, le nombre d’accidents impliquant des piétons augmente tout d’un coup de 31% pendant l’heure de pointe du soir. Non seulement il y a plus d’accidents, mais en plus les accidents sont deux fois plus graves", analyse-t-il.

Selon lui, on enregistre 17 piétons tués par 1000 accidents en octobre contre le double après le changement d’heure. Une période "délicate" selon l'Institut Vias, qui favoriserait les accidents impliquant des piétons.

Quelle est la cause de cette augmentation ?

Benoît Godard juge "probable" que les vitesses d’impact au moment des accidents sont plus élevées après le changement d’heure. En cause : "Des conditions de visibilité moindres pratiquement d’un jour à l’autre".

Les conditions de luminosité sont donc clairement pointées du doigt par Vias : "Le premier week-end du mois de novembre, l’heure de pointe du lundi soir se fait dans la pénombre et certains piétons n’adaptent pas leur comportement, sont avec leurs écouteurs, traversent dans le noir, sans faire attention, et certains conducteurs ne les voient évidemment pas ou les voient trop tard. Cela entraîne évidemment des accidents, mais également des accidents très graves", témoigne le porte-parole.

Les trajets effectués d'habitude à la lumière du jour lors de l’heure de pointe du soir doivent alors être parcourus tout d’un coup dans l’obscurité totale. Ce changement a un impact sur la fatigue inhérente au changement d’heure. Selon Benoît Godard, ces facteurs expliquent la recrudescence d'accidents ainsi que leurs conséquences.

Deux types d'accidents

Deux types d'accidents surviennent suite au changement d'heure. "Le premier, c’est le piéton qui traverse une route sur plusieurs bandes de circulation dans chaque sens, souvent sur une forte densité de trafic. Il traverse sur le passage, mais les véhicules en stationnement ou à l’arrêt constituent un masque de visibilité, donc gênent la visibilité du piéton et il ne voit pas les voitures qui ne sont pas encore arrêtées dans l’autre sens", explique-t-il.

En marge de cela, un deuxième scénario existe : l'irrégularité des piétons lorsqu'ils traversent. "Il (Le piéton, NDLR) est sûr de sa priorité et n’attend pas d’établir un contact visuel avec l’automobiliste ou n’attend pas que l’automobiliste soit arrêté, explique Benoît Godard. C’est le cas aussi lorsque l’automobiliste tourne à gauche. Le piéton est tellement sûr qu’il a la priorité qu’il ne fait pas trop attention, et malheureusement, une seconde de distraction de la part de l’automobiliste et c’est l’accident."

Être un piéton prudent

En tant que piéton, nous pouvons aussi faire quelques efforts pour limiter ce genre d'accidents. D'abord, être le plus visible possible, si mettre un gilet fluorescent peut paraître ridicule, "cela peut quand même être utile" pour le porte-parole de Vias. Selon lui il n'est cependant pas nécessaire d'aller jusque-là, privilégier des couleurs claires ou des sacs à dos à bandes réfléchissantes est déjà un effort considérable.

Il rappelle aussi de bien regarder avant de traverser. "Dans la lumière des phares, il est souvent difficile d’établir un contact visuel avec le conducteur, mais il faut au moins s’assurer qu’il se soit arrêté", prévient l'homme.

Enfin, il insiste sur le respect des marquages au sol : comprenez qu'il faut utiliser les passages pour piétons, peu importe la situation. Il insiste par ailleurs sur le fait que cette disposition est inscrite dans le Code de la route. "Vous devez emprunter un passage s’il y en a un à moins de 30 mètres environ", conclut-il.

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