Le cerveau est "du matin" ou "du soir"

Cette constatation vient d'une étude menée au Centre de Recherches du Cyclotron de l'Université de Liège (ULg) et publiée dans la revue Science.

Contrairement à ce que nous enseigne la sagesse populaire, le monde n'appartient pas nécessairement à ceux qui se lèvent tôt, sur un plan biologique en tout cas. Des chercheurs de l'université de Liège ont comparé les performances cérébrales chez des personnes qui sont plutôt "du matin" et chez des personnes qui sont plutôt "du soir". Et une des conclusions est que la capacité d'attention des lève-tôt diminue plus rapidement que celle des lève-tard.

D'un côté, le groupe des "lève-tôt". Ils se réveillent vers 4h du matin et se couchent vers 22h. De l'autre, le groupe des "lève-tard": ils ne sont pas debout avant midi et se couchent vers deux ou trois heures du matin. Grâce à un petit test tout simple sur ordinateur, les chercheurs de l'ULg ont mesuré leur capacité d'attention à plusieurs moments de leur journée. Et ils constatent qu'après une dizaine d'heures d'éveil, les lève-tard sont plus performants que les lève-tôt, comme s'ils étaient plus attentifs, plus éveillés. 

En fait, tout indique que la pression de sommeil s'accumule plus vite chez les lève-tôt. Les chercheurs ont d'ailleurs mesuré que leur sommeil est plus profond que celui des lève-tard, comme s'ils devaient récupérer davantage.

L'intérêt principal de leur recherche, publiée cette semaine dans le magazine Science, c'est qu'ils ont scanné le cerveau de leurs sujets pendant les tests d'attention. Les meilleures performances des lève-tard sont associées à une plus forte activité cérébrale dans deux zones précises du cerveau, impliquées dans la régulation de l'éveil et de la vigilance. La pression de sommeil, qui s'accumule plus vite chez les lève-tôt, a manifestement pour effet d'inhiber ces deux zones cérébrales.

Pour autant, le monde n'appartient pas à ceux qui se lèvent tard. Mais l'avantage des lève-tôt est sans doute plus culturel que naturel, plus sociologique que biologique.

Cette étude de neuroimagerie fonctionnelle est le fruit d'un travail de longue haleine mené par Christina Schmidt sous la direction conjointe de Philippe Peigneux (Université Libre de Bruxelles) et Fabienne Collette (FNRS, ULg), en collaboration avec Christian Cajochen (Université de Bâle, Suisse) et Pierre Maquet (FNRS, ULg).

(M.S. avec François Louis et Belga)

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