Le Captagon, cette drogue qui fait oublier la peur aux djihadistes

Le Captagon, cette drogue qui fait oublier la peur aux djihadistes
Le Captagon, cette drogue qui fait oublier la peur aux djihadistes - © NABIL MOUNZER - BELGAIMAGE

L’utilisation de cette petite pilule blanche est devenue très fréquente dans les rangs de l’Etat Islamique, mais aussi dans les fronts militaires syriens. Ses effets ? Elle fait oublier la peur et la douleur. "Tu te mets à combattre sans fatiguer", explique un trafiquant.

Produit au début des années 2000 en Turquie et en Syrie, le Captagon était jusqu’ici exporté essentiellement vers les pays du Golf. Mais depuis la guerre en Syrie, ces comprimés font des émules auprès d’une autre clientèle : parmi les plus fidèles, on retrouve l’Etat Islamique et l’Armée syrienne libre. En 2014, plus de 50 millions de pilules auraient été vendues. Ce business, très lucratif, peut rapporter jusqu'à 10 à 20 millions de dollars.

Un trafiquant anonyme, interrogé par Arte, décrit les effets de ce que l’on pourrait comparer à l’amphétamine : "Ça donne la pêche, tu te mets à combattre sans te fatiguer, tu marches droit devant toi, tu ne connais plus la peur. Les combattants l’utilisent pour veiller, pour contrôler leurs nerfs et augmenter leurs performances sexuelles."

Et peu importe que son utilisation soit interdite par l’islam, puisque, selon lui, "aujourd’hui, tout le monde s’en fiche de la religion."

En plus de doper les combattants en Syrie et en Irak, cette drogue a créé une véritable économie de guerre dans la région.

Les gains permettent de financer l'achat des armes

Comme l’explique un expert à Arte, l’argent généré par le Captagon sert aussi à financer le conflit syrien : "Les milices en consomment une partie, mais elles l’exportent également vers l’étranger, notamment vers les pays du Golf. Les gains leur permettent de financer l’achat des armes et des opérations militaires. Un sac contenant 200 000 pilules rapporte 500 000 dollars. Et il suffit de quelques milliers de dollars pour le produire."

Les saisies de Captagon ne cessent d’augmenter au Liban. Au siège de la brigade des stupéfiants à Beyrouth, les autorités disposent de moyens limités pour lutter contre ce trafic. Et plus la Syrie et l’Irak s’enfoncent dans la guerre, plus les prises deviennent importantes.

N.S (@NoSpies) avec Arte

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK