Le cancer, l'autre ennemi des pompiers?

Les pompiers sont inquiets. Une récente étude américaine montre que les hommes du feu vivent en moyenne dix ans de moins que les autres. En cause, l’exposition répétée aux fumées toxiques qui se dégagent lors des incendies. 

Même avec leurs combinaisons protectrices, les pompiers sont exposés à des suies et à des résidus de produits chimiques dangereux, faute de pouvoir se laver ou se décontaminer suffisamment après leurs interventions. Ce qui pourrait provoquer des cancers.

Les autorités sanitaires canadiennes et d’autres pays ont fait le même constat, mais ce n’est pas encore le cas de la Belgique. Les pompiers de Verviers, conscients depuis longtemps du problème, réclament une reconnaissance de ces pathologies comme étant des maladies professionnelles.

"Les fumées sont dangereuses. Elles contiennent énormément des dérivés de produits chimiques, qui posent problème pour la santé des sapeurs pompiers", explique le Sergent Fabian Bodeux, un pompier de Verviers qui a souvent été confronté à ce problème.

Il y a des pompiers en service qui ont des cancers

Et cette exposition peut effectivement mener à des cancers comme l’indique le Docteur Pierre Milet, urgentiste et ancien pompier. "Des études ont montré qu’il y avait une corrélation entre les cancers et l’exposition à des toxiques : le cancer du poumon, de la vessie, du rein et essentiellement des lymphomes."

Mais pour Quentin Grégoire, le président de la fédération des sapeurs pompiers de Belgique, le lien ne fait aucun doute. "On sait maintenant, à travers les études internationales, que les fumées d’incendie sont vraiment très très agressives et provoquent des cancers chez les pompiers. Il y a des pompiers en service qui ont des cancers. On ne peut pas prouver le lien directement mais on se doute que ça peut être lié. Et dans les pompiers pensionnés, il y en a beaucoup qui sont décédés de cancers. De nouveau, l’idée serait de pouvoir prouver que c'est dû au métier."

En attendant, les pompiers de Verviers lancent une campagne de sensibilisation auprès de leurs collègues, qui ne sont pas toujours conscients de ce danger-là. "On veut que le pompier comprenne le risque avant de mettre des procédures en place", précise Quentin Grégoire.

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