Le cancer complique la vie des malades, longtemps après le diagnostic

Un médecin examine, le 14 juillet 2001 dans son cabinet médical à Arcueil, près de Paris, les radios du sein d'une patiente afin de détecter un éventuel cancer.
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Un médecin examine, le 14 juillet 2001 dans son cabinet médical à Arcueil, près de Paris, les radios du sein d'une patiente afin de détecter un éventuel cancer. - © Didier Pallages

Douleurs, fatigue, répercussions sur la vie professionnelle et familiale, discriminations: deux ans après le diagnostic, les personnes atteintes d'un cancer restent confrontées à de nombreuses difficultés, aggravées par des disparités géographiques ou socioéconomiques, selon une vaste étude française publiée mardi.

"Le cancer reste une épreuve difficile au plan physique et psychologique. Les personnes doivent, plusieurs années après leur diagnostic, composer avec le risque de rechute, les effets secondaires de la maladie et de ses traitements, mais aussi la reprise de leur vie quotidienne" souligne l'Institut national du cancer (INCa) qui a réalisé l'étude.

Car si certains cancers restent de très mauvais pronostic (pancréas, poumon), d'autres ont largement bénéficié des progrès thérapeutiques enregistrés ces dernières années et contribué à augmenter les perspectives de guérison et de survie.

Selon l'INCa, plus de trois millions de personnes vivent aujourd'hui en France après un cancer.

Les premières inégalités apparaissent dès que la maladie frappe, avec des retards au diagnostic plus importants chez les personnes âgées, celles vivant en milieu rural ou encore chez les travailleurs indépendants, note l'étude VICAN2 réalisée en 2012 auprès de 4349 personnes atteintes d'un cancer depuis deux ans.

L'importance des détections précoces

Ces retards sont associés à un taux de survie plus court et à une moins bonne qualité de vie physique mais aussi à un risque de rechute plus élevé.

Concernant l'annonce du diagnostic et les relations avec les soignants, l'étude relève que des améliorations sont intervenues depuis la précédente étude réalisée en 2004, mais souligne que les critiques proviennent surtout des femmes, des jeunes et des personnes les moins diplômées et disposant des plus faibles revenus.

C'est également le cas pour la qualité de vie après la phase aiguë des traitements, jugée globalement moins bonne par les personnes les moins aisées.

La qualité de vie dépend également beaucoup de la localisation du cancer, avec des symptômes comme la fatigue ou la douleur, très variables selon le type de cancer.

Fatigue et douleurs très variables

La fatigue touche 30% des patients atteints d'un cancer de la prostate ou d'un mélanome et jusqu’à 70% de ceux atteints d'un cancer du poumon, de la thyroïde ou du rein.

Deux malades sur trois, en majorité des femmes, des jeunes et des personnes en situation de précarité, rapportent avoir ressenti des douleurs localisées sur une ou plusieurs parties du corps au cours des 15 derniers jours. Mais seulement 60% d'entre elles disent avoir pris des médicaments pour les soulager.

Selon les données de l'Assurance maladie, 26% des malades ont bénéficié de traitements anti-douleurs opiacés (produits dérivés de l'opium) et 1,8% à des opiacés forts au cours des trois derniers mois, notamment en cas de cancers du poumon et des voies aéro-digestives supérieures.

Mais l'accès aux opiacés les plus puissants "de palier 3" (comme la morphine) semble surtout réservé aux malades les plus jeunes et diminue progressivement avec l'âge, selon l'étude VICAN2, les plus de 70 ans étant de loin les plus mal lotis.

Sans surprise, le cancer a un impact sur la situation professionnelle : deux après le diagnostic, seulement six personnes sur dix avaient encore un emploi contre huit sur 10 au moment du diagnostic.

Mais la perte touche davantage les moins diplômés, les plus jeunes et les plus âgés ainsi que les ouvriers et les employés et les précaires.

La gravité du cancer aggrave également les inégalités puisque pour un cancer de bon pronostic, le taux de maintien en emploi deux ans après le diagnostic est de 89% pour les cadres et 74% pour les ouvriers et employés, contre respectivement 48% et 28% pour les cancers de mauvais pronostic.


AFP

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