La hausse des prix frappe plus durement le portefeuille des plus pauvres

Le caddie du pauvre
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L’augmentation du coût de la vie frappe deux fois plus durement les familles les plus pauvres selon un chercheur de la Fédération wallonne des CPAS. Il a composé un caddie de produits de première nécessité après avoir interrogé des familles précarisées. « Le caddie du pauvre » ne cesse d’augmenter.

" La crise ne frappe pas tout le monde de la même manière ! ", constate Richardo Cherenti, chercheur à la Fédération wallonne des CPAS. Il a suivi la progression de plusieurs  produits alimentaires de première nécessité comme le pain ou le café par exemple. Calculette en mains, les conclusions de ce chercheur sont claires. Les produits alimentaires de première nécessité n’ont cessé d’augmenter ces quatre dernières années. Dans son caddie ? Des œufs, du lait, du pain, du café, des spaghettis, de l’huile,… Bref, des produits de tous les jours. Pour composer son panier, Ricardo Cherenti a rencontré une septantaine de familles possédant le revenu minimum d’intégration. Ces familles précarisées lui ont donné une liste de produits qu’elles achètent en priorité. Liste de courses et calepin en poche, il a scruté l’évolution des prix de ces produits dès 2008 jusqu’à aujourd’hui. À partir de la valeur totale de son panier, il a constitué un " indice pauvreté ". Il a scruté cet indice en parallèle à celui de l’évolution de l’index.

Notre journaliste, Thierry Vangulick, a suivi le chercheur à travers les rayons d’un supermarché hard-discount. Ils ont pu constater une fois encore le bond en avant des prix de ces produits de base. " Alors, ici, on est au rayon café. Et là, on voit qu’en 2008 les 500 grammes étaient à 1,65. Ici, on est à 2,99 euros. C’est donc une augmentation particulièrement forte ", note Ricardo Cherenti. Parmi les plus fortes augmentations, on remarquera encore l’explosion des prix au rayon " Féculents ". " Ces derniers temps, tout ce qui est blé, riz, pommes de terres ont augmenté de manière plus importante. Ça va de 21 à 102 %, donc c’est énorme ! ", s’exclame le chercheur. Au total, le " caddie du pauvre " a augmenté de 10% entre 2008 et aujourd’hui.

Ces hausses de prix touchent toute la population. Mais les plus pauvres y sont plus sensibles que les autres. Ces personnes plus précarisées font généralement leurs courses dans des supermarchés " hard-discount ". Dans ces magasins, il n’y a pratiquement pas de " matelas " pour amortir le bond des prix de ces produits alimentaires de base. " La marge de manœuvre du magasin est réduite au maximum, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de frais de publicité, des rayons simples, des frais de personnels limités ", observe Ricardo Cherenti. Chaque hausse des prix atterrit donc directement sur le ticket de caisse du consommateur.

BP avec Thierry Vangulick

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