Le burnout parental, l'autre risque (réel et attendu) du confinement pour les familles

En France par exemple, de nombreux cas de burnout ont été recensés depuis le début des mesures "coronavirus" prises par les autorités (illustration).
En France par exemple, de nombreux cas de burnout ont été recensés depuis le début des mesures "coronavirus" prises par les autorités (illustration). - © DR

Qui dit coronavirus, dit télétravail et cours suspendus dans les écoles… Une situation pas évidente pour les parents qui doivent jongler alors parfois simultanément entre leurs obligations parentales et professionnelles.

Coincé.e.s entre la réunion par téléphone avec tous les collègues et les devoirs à la maison, obligé.e.s de répondre rapidement à une demande de son employeur tout en gérant la crise qui gronde entre frères et sœurs… Le risque est réel de voir le confinement tourner au vinaigre et conduire, dans le pire des cas, à un burnout parental, voire à des violences intra-familiales. C'est ce que craignent des chercheurs dont des professeurs de la Faculté de psychologie de l'UCLouvain.

"Pour les familles, la période est compliquée. Pour les parents, la charge est énorme, qu’ils doivent aller travailler ou non. On sait que plus les parents sont épuisés, moins ils ont de ressources pour gérer les enfants, mais aussi pour s’autogérer. Pour le dire platement : c’est une période où l’on pète plus facilement les plombs !", explique Moïra Mikolajczak, de l’UCLouvain.

Des solutions existent pourtant

Les premiers signes de burnout parental sont l'irritabilité extrême et, surtout, de ne plus voir ses enfants avec plaisir. Ce qui est dommage, tout le monde en conviendra. Donc, lorsque vous sentez en vous monter l’éruption : réagissez ! La première solution pour éviter la crise de nerf est toute simple : sortir s'aérer. "Si je sens que je déborde, je sors prendre l’air, pour éviter au maximum les passages à l’acte violent, qu’il soit de nature verbale ou physique."

Parmi d’autres pistes, professeurs et chercheurs rassurent les papas et mamans débordés et anxieux : faites preuve de souplesse ; mettez vos têtes blondes à contribution, ils peuvent aussi aider et vous sortir de l’ornière ; soutenez-vous les uns, les autres ; soufflez si vous êtes débordés (on l’a dit plus haut)… Bref, vous n’êtes ni Superman, ni Wonderwomen ! D’ailleurs, personne ne vous le demande. Faites-vous confiance, vous vous adapterez. Comme vous l’avez toujours fait.

Explosion de cas en France… et "ça va arriver chez nous aussi"

Chez nos voisins de l’Hexagone par exemple, de nombreux cas de burnout ont été recensés depuis le début des mesures "coronavirus" prises par les autorités.

"Leur équivalent de SOS Enfants (ndlr: en Belgique), Enfance maltraitée, est saturé d’appels depuis le confinement. Cette idée qu’il s’agit d’une période particulièrement propice aux violences, est malheureusement un état de fait ! Et cela va arriver aussi en Belgique." Inévitablement.

Vous n’êtes pas seul.e !

Si vous avez besoin d’aide ou d’écoute, sachez qu’un numéro d'appel existe : c’est le 0800/30.030, il est accessible en cas de besoin. Vous pouvez également consulter le site www.burnoutparental.com, qui propose de tester son état et des listes de psychologues spécialisés.