Le blocus des étudiants, "ce n'est pas un sprint, mais plutôt une course de fond"

Florence Vanderstichelen
Florence Vanderstichelen - © RTBF

Près de 60% des étudiants qui commencent l'université ratent la première année. L'UCL organise durant les vacances de Pâques un blocus assisté pour encadrer les élèves de première année. Interrogée sur La Première, Florence Vanderstichelen, responsable du service d'aide aux étudiants de l'UCL, explique que "c'est un métier que d'étudier, donc il faut les aider. Certains ont fait une expérience difficile des échecs à Noël. Pâques, c'est le bon moment. C'est juste avant le blocus de mai, de juin, et donc là, on leur propose un dispositif un peu complet. On leur propose au fond d'expérimenter une période d'études tout à fait en équilibre. Donc il y a à la fois des périodes d'étude tout à fait structurées, il y a également des ateliers de méthodologie, des monitorats… Cela permet d'expérimenter le fait de vivre ça en équilibre, expérimenter le fait de manger correctement, avec un bon petit déjeuner le matin, un dîner correct à midi, de faire des pauses, de faire du mouvement, du sport, mais aussi de créer du lien avec d'autres étudiants".

Quant aux étudiants qui sortent de secondaire, "certains ont de l'expérience dans la famille ou dans les amis, donc ils voient déjà des modèles. D'autres sont un peu dépourvus, n'ont pas pu expérimenter cela, et donc on leur propose de l'expérimenter".

"Le blocus c'est plutôt une course de fond"

Bien structurer son blocus, c'est déjà un premier pas vers la réussite, selon Florence Vanderstichelen. "Certains imaginent devoir faire un sprint final pendant tout le blocus. Ils étudient 14 heures par jour. Le blocus c'est plutôt une course de fond, donc il faut expérimenter cela, le fait d'équilibrer son temps de travail sur de longues semaines. Il s'agit de tenir le coup pendant de longues semaines. Donc il faut être en santé pour cela, il faut créer du lien, il faut aussi s'autoriser des moments de détente, et du sport chaque jour".

Selon elle, le blocus "devrait en fait commencer dès le 15 septembre. En définitive c'est ça le métier d'étudiant, c'est de travailler 40 heures semaine, comme un travailleur, chaque semaine depuis la première semaine. Alors pendant Pâques, il est nécessaire de faire un petit break".

Le blocus assisté, le tutorat, la remédiation : tout cela est nécessaire pour les étudiants qui entrent à l'université, selon Florence Vanderstichelen. "On oublie de le dire, mais un facteur de réussite, c'est d'aller aux cours, c'est d'aller aux monitorats, c'est d'avoir de bons syllabus et d'étudier. C'est aussi d'avoir fait un bon choix d'orientation. Certains se sont trompés, donc est multifactoriel, le fait de réussir".

Quelques conseils pour les étudiants en blocus

Georges Sironval, directeur-président de la Haute Ecole Robert Schuman, en province de Luxembourg, estime que l'argent investi dans la remédiation devrait aller plutôt à l'aide socialeFlorence Vanderstichelen "ne pense pas qu'il faille opposer l'un et l'autre. Moi-même je dirige le service d'aide aux étudiants, qui est aussi en charge de toute l'aide sociale et financière ; il ne faut pas mettre ça en concurrence, l'un et l'autre sont nécessaires. Nos étudiants, nous les aidons financièrement, socialement, c'est tout aussi important".

Florence Vanderstichelen termine par quelques conseils pour les étudiants en blocus : prendre un bon petit déjeuner, et puis entamer 2 heures d'études, un break autour de 10h30 (une demi-heure, pour une petite collation, bouger, sortir, s'aérer). "Pendant les moments d'étude, il est tout à fait déconseillé d'aller sur son téléphone", insiste-t-elle.

Tout savoir sur le blocus organisé par l'UCL

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