Le binge drinking: quels impacts sur le cerveau?

Le binge drinking est en vogue chez les jeunes. C’est cette manière de consommer occasionnellement de l’alcool, mais de manière excessive et très rapide. Il y a des effets néfastes sur le cerveau et donc sur l’apprentissage et la mémoire.

Des chercheurs de l’Université de Duke, aux Etats-Unis, se sont penchés sur ce binge drinking. Ils ont voulu comprendre les effets sur le cerveau des jeunes d’une exposition occasionnelle à l’alcool. Mais impossible de faire les études sur des jeunes adolescents alors les chercheurs ont étudié les conséquences du binge drinking sur le cerveau, encore en développement, des rats.

Le binge drinking augmente les difficultés de mémoriser

Il ressort de leurs essais qu’en plus de l’inflammation cérébrale, l’exposition à l’alcool chez les adolescents empêche la naissance de nouveaux neurones dans l’hippocampe, une partie du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale. L’alcool peut même accélérer la mort neuronale. "L’étude qui a été effectuée montre que des rats qui ont été exposés à du binge drinking, lorsque quelques semaines après avoir arrêté de boire, ils sont testés sur le plan cognitif, ce binge drinking n’est pas bon pour eux. Ils vont avoir plus de difficultés de mémoire, de concentration", explique le professeur Bernard Hanseeuw, spécialiste de la mémoire à l’Université catholique de Louvain.

Un médicament pour atténuer les symptômes

Mais ce n’est pas la fin de leur étude. Une fois que les rats ont atteint l’âge adulte, les chercheurs leur ont administré du Donépézil. "Le médicament utilisé est l’un des médicaments principaux que nous utilisons dans le traitement des formes légères à modérées de la maladie d’Alzheimer, explique le professeur. Ce médicament agit sur les symptômes, sur les troubles de la mémoire, sur les troubles de la concentration." Après quatre jours de traitement, les chercheurs ont étudié les cerveaux des rats. Les animaux qui ont reçu le traitement ont montré moins d’inflammation et une meilleure habilité à produire de nouveaux neurones. Ce qui n’est pas le cas de ceux qui n’ont pas reçu le médicament. "Lorsqu’on leur donne du Donépézil, les conséquences du binge drinking semblent être atténuées", ajoute le professeur.

Zones d’ombre

Mais il reste quelques zones d’ombre. Notamment car l’étude est faite chez l’animal et pas chez l’être humain. "Il est très difficile de voir si les dégâts provoqués dans cette étude sont à très longs termes ou temporaires". Pourtant, "c’est quelque chose qui est important dans le cadre du binge drinking de savoir si les conséquences sont des conséquences à relativement court terme ou à plus long terme. Mais pour pouvoir investiguer, le délai, il est nécessaire de faire des études chez l’être humain parce que le temps ne passe pas de la même manière chez les êtres humains et chez les animaux", ajoute Bernard Hanseeuw.

Cependant, cette étude éclaire aussi la médecine sur l’utilisation du Donépézil. Jusqu’à présent, le médicament est donné aux patients qui ont été diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer. "Ce médicament a démontré qu'il était efficace pour diminuer les conséquences de la maladie. Mais il est inefficace pour empêcher l’évolution de la maladie", indique le spécialiste de la mémoire. Les médecins ont aussi des patients âgés qui ont des problèmes de mémoire et de concentration, mais qui n’ont pas été diagnostiqués avec la maladie d’Alzheimer. "Ce genre d’études publiées peut nous encourager à dire "Nous pouvons donner du Donépézil à des patients qui n’ont pas la maladie d’Alzheimer mais qui ont des troubles de la mémoire et de la concentration démontrés" puisque ce médicament agit sur les symptômes", conclut Bernard Hanseeuw.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK