Le Belge sous-estimerait l'obésité et se croirait "seulement en surpoids"

Le Belge sous-estimerait l'obésité et se croirait "seulement en surpoids"
Le Belge sous-estimerait l'obésité et se croirait "seulement en surpoids" - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Un Belge sur cinq ignorerait qu'il est en surpoids. Pire, une personne obèse sur trois se croirait, à tort, "seulement en surpoids". Ce sont du moins les résultats d'une récente enquête menée auprès de 2000 Belges qui sous-estiment donc souvent le problème, et surtout, les risques liés à un excès de poids : maladies cardiaques, diabète, hypertension artérielle, entre autres. Les experts pointent du doigt la banalisation de ce fléau ainsi qu’un manque flagrant de prévention.

Près d'un adulte sur deux est aujourd'hui en surpoids en Belgique. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) prévoit même une épidémie d'obésité dans les quinze années à venir, en Europe. En somme, les perspectives n'ont rien d'encourageant, et la banalisation du phénomène n'y arrange rien.

Jean-Paul Thissen, président de la Société belge de l'étude de l'obésité se penche sur les raisons qui pourraient expliquer un tel déni : "Le déni peut venir non seulement du fait qu’une proportion croissante de personnes souffre d’excès de poids et se dit qu’elle n’est pas différente des autres. Donc on banalise", souligne l’expert. "Mais il y a aussi une lassitude, un désespoir des patients qui se disent que malgré avoir essayé une fois, deux ou trois fois, ça ne marche pas.", ajoute-t-il.

Des régimes à répétition, inefficaces sur le long terme ; de la chirurgie qui n'empêche pas les rechutes : la difficulté du traitement de l'obésité doit encourager une meilleure prévention du problème, selon Jean-Paul Thissen.

"L’activité physique, mais certainement l’alimentation sont les meilleurs moyens de prévenir", et d’ajouter : "La grande question c’est de savoir s’il s’agit d’une prévention que l’individu doit exercer lui-même ? Est-ce de son propre et unique ressort ? Probablement pas.", conclut-il.

Avec le remboursement des stages de sport, ainsi que le développement des pistes cyclables, selon l'expert, les pouvoirs publics ont aussi un plus grand rôle à jouer ici et à l'avenir.

Y.S. avec Catherine Tonero

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