Le Belge Pierre Deligne lauréat du prix Abel de mathématiques

 

Il a déjà eu un timbre à son effigie, il a été fait vicomte par le Roi, il a aussi reçu la médaille Fields, autre prestigieuse récompense pour les mathématiciens mais rien n'y fait : Pierre Deligne ne se départit pas de son humilité, même avec ce nouveau prix.
"Je trouve que les gens qui font le prix Abel l'ont très bien organisé pour qu'en même temps ça fasse un peu de publicité pour les maths qui peuvent en avoir besoin", souligne-t-il.
C'est que depuis ses 14 ans, Pierre Deligne est un passionné de mathématiques, un pur et dur : "je n'ai pas d’intérêt particulier pour les applications. Je suis content si des choses que j'ai faites finalement en ont mais ma motivation c'est la beauté". 
Cette beauté, il la trouve dans la géométrie algébrique, le domaine auquel il s'est consacré. "J'essaie de comprendre la géométrie dans la mesure où elle peut être décrite par des équations".
Pierre Deligne n'est pas le premier Belge à recevoir le prix Abel, pourtant créé il y a à peine 10 ans. Son ancien professeur de l'ULB, Jacques Tits l'avait déjà obtenu. "Il y a eu pas mal de Belges qui ont fait de belles choses en mathématiques mais beaucoup ont émigré", dit-il. Comme lui, qui a fait la plus grande partie de sa carrière en France et aux Etats-Unis. Là-bas, dit-il, il jouissait d'une complète liberté pour faire ce qui l'intéressait.
 
Daphné Van Ossel
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