Le Belge avale trop de pilules: marketing des firmes et automédication

Les Belges sont "surmédiqués", c’est-à-dire qu’ils utilisent trop de médicaments. C’est du moins le sentiment que partagent 67% des patients interrogés, 70% des médecins et 36 % des pharmaciens. Alors peut-on objectiver ce sentiment ? Oui, selon des statistiques de 2013 : la Belgique arrive en septième position en ce qui concerne la consommation de médicaments. C’est bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE.

Qu’est ce qui provoquerait cet usage excessif de médicaments ?

Selon le sondage, on peut dégager plusieurs raisons. Tout d’abord, le marché des médicaments serait d’avantage piloté par l’offre que par la demande. On crée de nouvelles pathologies - type lourdeur d’estomac - et ensuite, on crée une pilule qui va remédier à ces pathologies. Patients (54%), médecins (74%) et pharmaciens (46%) ont majoritairement l’impression que l’industrie pharmaceutique (avec sa puissance marketing) pousse à la consommation, notamment, via un véritable matraquage publicitaire.

Un médecin sur trois (36%) considère d’ailleurs que les entreprises pharmaceutiques ne respectent pas leur indépendance. Un sur cinq (21%) considère qu’il est trop influencé par celles-ci. L’industrie pharmaceutique ne sort clairement pas grandie de cette étude.

Peut-on aussi parler d’un phénomène de société ?

En effet, on vit dans une société de l’immédiateté, on ne prend plus le temps de guérir. On veut une pilule qui nous soigne tout de suite ! 46% des médecins estiment que leurs patients attendent d’eux une obligation de résultats rapides.

67% des médecins pensent même que, pour leurs patients, prendre un médicament est une réponse facile à un problème qui relève d’avantage de leur hygiène de vie.

Autre constat de ce thermomètre : une hausse de l’automédication

Avec internet, les patients prennent leurs propres renseignements. 60% d’entre eux confient qu’ils regardent ce qui leur reste dans leur pharmacie avant d’aller chez le médecin. Par ailleurs, deux tiers (60%) des pharmaciens constatent qu’ils sont de plus en plus sollicités directement par les patients sans que ceux-ci passent par une visite chez le généraliste. Une situation qui inquiète 37% des pharmaciens et 51% des médecins.

F. Baré

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