Le 20 mars, c'est la journée du bonheur : reportée à cause du coronavirus, mais certains retrouvent les "petits bonheurs"

Un couple s'embrasse avec des masques protection, à Hong Kong le 27 janvier 2020
Un couple s'embrasse avec des masques protection, à Hong Kong le 27 janvier 2020 - © Anthony WALLACE

La Journée mondiale du bonheur et du bien-être, célébrée le 20 mars de chaque année, est reportée au mois de mai prochain, à cause du coronavirus. C’est ce qu’ont annoncé Murielle van Boxem of Drax-Hilton, présidente-fondatrice de la Ligue mondiale pour le droit au bonheur et Thierry Rayer, président du CESR et ambassadeur de la Ligue mondiale du droit au bonheur.

Un report compréhensible en ces temps de confinement, de malades et de morts à cause de l’épidémie et pourtant… certains arrivent à profiter de l’instant présent et voient les avantages de la situation.

"Je n’ai jamais aussi bien dormi : le club échangiste du rez-de-chaussée qui me pourrit la vie avec sa musique est fermé !". Assignés à résidence, de nombreux citadins des villes confinées retrouvent ainsi les joies d’une vie au ralenti.

Partout, les métropoles mondiales ferment bars, restaurants, écoles, universités, stades, musées.

S’ouvre alors – pour ceux épargnés par la maladie ou l’angoisse qu’elle ne touche un proche – un champ inespéré de possibles : dormir, rêver, traîner, lire, aimer… Bref autant de "petits bonheurs" accessibles à tous.


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Le bonheur de lire

La lecture est évidemment le loisir privilégié qu’on se promette d’attaquer Proust, ou "Ulysse", le monument de James Joyce, avec les films et les séries. Mais le temps libre redessine aussi l’interaction sociale et familiale.

A Madrid, Monica appelle sa mère tous les jours, une habitude qu’elle "avait perdue". A la frontière Suisse, Emira couve sa nouvelle histoire d’amour avec un écrivain. A Gavardo, en Lombardie, Alessandra et sa famille réapprennent à "vivre ensemble" et à jouer aux cartes. A Bruxelles, Anna profite avec bonheur d’un congé maternité prolongé.

Le bonheur de jardiner

Guillemette n’apprécie pas seulement le silence retrouvé avec la fermeture de la boîte sous son appartement parisien. Elle s’est lancée avec sa fille de 10 ans dans le jardinage : menthe, marjolaine et romarin ont été semés sur le rebord des fenêtres grâce aux graines offertes par la fleuriste voisine.

Le bonheur de jouer

"Par précaution, j’avais fait le plein des jeux de société… C’est l’avantage des pessimistes : on a toujours un coup d’avance ! et je me surprends à aimer cette + slow life + ".

Le bonheur de cuisiner

Lorenzo, qui court d’habitude le monde de Kaboul à Dacca pour y développer des stratégies anti-corruption, relève ses manches et teste de nouvelles recettes : "Hier, risotto aux asperges – c’est la saison – et poulet safran-thé vert. C’est super : on trouve tout dans les magasins et on a le temps !".

Pour surveiller sa ligne dans son deux-pièces, il a téléchargé un guide du sport en cellule de prison. "Je me serais bien enfermé avec une moitié mais bon : seul, c’est bien aussi !" ajoute ce célibataire qui va enfin pouvoir dévorer un énorme pavé, "The Nature of Paleolithic Art".

Le bonheur au lit

Pour Elmira et Matt, cette mise aux arrêts domiciliaires agit comme un précipité érotique : le couple australo-irlandais, qui réside de part et d’autre de la frontière franco suisse et travaille à Genève, s’est rencontré récemment : "On a choisi de s’enfermer ensemble chez moi (côté français au bord du lac Léman) et d’apprendre à mieux se connaître" dit-elle. "On cuisine, on lit, on rit et on passe beaucoup de temps au lit !".

Le bonheur de bricoler

Pour Yann, visionner l’intégrale des films avec Ginger Rodgers avec sa copine "permet de s’abstraire de la situation anxiogène et de plonger dans un autre univers". Ce fonctionnaire européen à Bruxelles redécouvre aussi les plaisirs du bricolage : réparer son vélo ou des objets dans la maison, "ça permet de sentir qu’on a un contrôle sur son environnement immédiat, à défaut de contrôler le virus".

Le bonheur de s’exercer, même confiné

"Dans cette situation, vous réalisez la capacité d’adaptation de l’être humain, sa résilience" : Monica s’entraînait quotidiennement trois à quatre heures pour participer à un Ironman, triathlon long format. "Enfermée dans 60m2", elle refuse de lâcher et continue en utilisant tous les objets de la maison pour se renforcer, même les cruches d’eau, court et roule à vélo dans son salon, sur place grâce à un système de rouleaux.

"Je pensais devenir folle, sans voir personne. Mais on réalise combien de gens nous aiment et s’inquiètent, et avec les amis, on organise des apéro-vidéo via WhatsApp".

Le bonheur de remettre de l’ordre

Emmanuela, jeune retraitée romaine, constate que beaucoup en profitent pour faire du vide chez eux. "On prend juste le temps de réfléchir, de regarder autour de soi".

Enfermé avec ses parents, son fils Leo, 25 ans, trouve surtout les soirées longues. "L’autre soir il m’a dit, je vais finir par tenter ma chance avec toi, maman… je commence à te trouver belle ! Heureusement, il a de l’humour".



 

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