Lâché par les éditeurs, l’écrivain sulfureux Gabriel Matzneff autoédite "Vanessavirus", une réponse au "Consentement"

L’écrivain sulfureux Gabriel Matzneff n’est pas à une provocation près. Il devrait publier ce 15 février "Vanessavirus" dans lequel il livre la vie d’un écrivain mis au ban de la société. Sa vie. Son interprétation d’une année noire. Finie la complaisance du milieu littéraire depuis que Vanessa Springora a raconté le rôle de prédateur sexuel de l’écrivain alors qu’elle était adolescente.

Que signifie le consentement sexuel d’une mineure ?

"Le consentement", publié chez Grasset, s’est retrouvé en librairie en janvier 2020. Vanessa Springora était consentante et amoureuse quand elle a entretenu une relation avec Gabriel Matzneff. Elle avait alors 14 ans. 14 ans. Que signifie le consentement d’une mineure sur un prédateur sexuel de 36 ans son aînée ? Gabriel Matzneff, G. dans le roman de Springora, est d’ailleurs désormais poursuivi par la justice française. L’écrivain est sous le coup d’une enquête pour viols sur mineure de 15 ans.


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Une réponse littéraire

"Vanessavirus" est la réponse littéraire de Gabriel Matzneff, annoncée l’été dernier. Le titre en dit beaucoup sur l’interprétation de l’écrivain : pour lui, le livre de Vanessa n’est qu’un mauvais virus qui s’est répandu dans la société. Ne courez pas en librairie, plus aucun éditeur ne veut publier Matzneff.

Le livre est donc autoédité, publié à 200 exemplaires. Seuls quelques indéfectibles l’ont acquis via une souscription. Une édition de luxe à 650 euros a même été imprimée. Le comble du mauvais goût… Le livre sort un lendemain de Saint-Valentin. Faut-il y voir un lendemain qui déchante ?

"La littérature ne peut pas servir d’alibi"

Nous n’avons pas lu le dernier livre de Gabriel Matneff mais selon le site français Actualitté, l’écrivain revient sur sa situation, sur le traitement que les médias voire les maisons d’édition lui ont réservé depuis un an, sur son "assassinat par la société". Les soutiens de l’écrivain voudraient que l’on parle de son talent littéraire et dénoncent sa mise au ban de la société mais il est difficile de dissocier les faits reprochés à Matzneff de son statut d’écrivain puisqu’il n’a eu de cesse de romancer ses relations avec ses jeunes partenaires sexuels, que ce soit dans ses Carnets noirs ou Les moins de seize ans.

Le terme "partenaires" est d’ailleurs sujet à caution. Il faudrait peut-être utiliser celui de victimes. Comme le disait justement la romancière canadienne Denise Bombardier sur le plateau d’Apostrophes le 2 mars 1990, à l’occasion de la sortie du livre de Matzneff Mes amours décomposées, "la littérature ne peut pas servir d’alibi".

Gabriel Matzneff apporte donc sa réponse littéraire aujourd’hui mais on est surtout curieux d’entendre sa réponse à l’action judiciaire menée contre lui.

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