Label "covid-safe": trois experts proposent une autre stratégie pour sortir du yo-yo des fermetures

Dans une carte blanche diffusée par le journal Le Soir ce lundi, trois experts bien connus du paysage scientifique et médiatique proposent une autre stratégie pour permettre à la Belgique de sortir de la crise du coronavirus. Leila Belkhir (Saint-Luc), Nathan Clumeck (ULB) et Marius Gilbert (ULB) remettent ainsi en question la stratégie yoyo fermeture-réouverture mise en place par le gouvernement fédéral.

"L’approche secteur par secteur qui a pu se justifier dans l’urgence du premier déconfinement montre aujourd’hui ses limites", écrivent ces experts dans leur texte commun. "Il y a aujourd’hui bien plus de différences entre les situations épidémiologiques au sein d’un même secteur qu’entre eux."

Les conditions optimales pour pouvoir pratiquer l’activité

Une autre approche est possible, disent-ils. Ils proposent une sorte de label "covid-safe", lieu par lieu et non pas secteur par secteur. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? "On doit pouvoir déterminer pour toute une série d’activités, pour toute une série de lieux, les conditions optimales pour pouvoir pratiquer l’activité, fréquenter le lieu, sans risquer une contamination", précise Nathan Clumeck, interrogé par la RTBF. Il compare le label "covid-safe" à un label "protection contre l’incendie".

Dispositifs de ventilation, de désinfection de l’air… Des critères à respecter qui pourrait être contrôlés par les communes.

Vivre malgré le virus et pas vivre avec le virus

Ceci étant, comme l’avancent les experts dans leur carte blanche, le risque zéro n’existe pas. L’objectif est de réduire au maximum la transmission du virus, d’accepter le risque résiduel tout en permettant une relance de l’activité économique, culturelle, sociale…

Dans leur carte blanche, les trois experts écrivent par exemple : "Il ne s’agit pas ici de prôner un "vivre avec le virus", mais "malgré le virus". On ne " vit " pas avec un virus dangereux. Il s’agit de réduire les risques de transmission de manière beaucoup plus ciblée et d’accepter un risque résiduel comme nous l’avons toujours fait dans d’autres domaines, comme celui de la sécurité routière ou de l’incendie."

Perte d'adhésion

Ils avancent encore un argument: "Cette diminution du risque nécessite des investissements humains et matériels. Mais il s’agirait ici d’investissements stratégiques qui s’inscrivent dans une vision à long terme contre ce virus et d’autres éventuels virus émergents."

Dans la carte blanche, les experts constatent également la perte d'adhésion de la population. "Le report éventuel de l’ouverture de différents secteurs en raison d’un taux d’occupation des soins intensifs encore trop élevé va venir se heurter de plein fouet à une résistance de plus en plus organisée et déterminée à s’affranchir des mesures par des professions à bout de souffle et par des segments de la population en mal-être psychologique, social ou économique."

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