La Voix des Sans-Papiers violemment prise à partie par la police lors d'une nouvelle occupation

Le 25 septembre, une notice d'expulsion avait été remise, mais les sans-papiers avaient refusé de quitter l'hôtel Astrid. La situation s'est envenimée aujourd'hui
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Le 25 septembre, une notice d'expulsion avait été remise, mais les sans-papiers avaient refusé de quitter l'hôtel Astrid. La situation s'est envenimée aujourd'hui - © ANNICK M'KELE - BELGA

Quelque 80 migrants du collectif de la Voix des Sans-Papiers (VSP) qui, samedi après-midi, voulaient ouvrir une nouvelle occupation dans un bâtiment désaffecté de la rue des Sables à Bruxelles, ont été violemment pris à partie par des policiers de la brigade anti-agression qui voulaient leur interdire l'accès aux lieux. Au moins six personnes ont été blessées dont trois qui ont essuyé des tirs de projectiles en plastique dur, indique Modou, porte-parole de la VSP.

"Nous devons quitter d'ici la fin de ce week-end l'ancien hôtel Astrid que nous occupons depuis la mi-septembre dernier et avons cherché un nouveau bâtiment pour pouvoir nous reloger. Des soutiens ont ouvert aujourd'hui un bâtiment vide de la rue des Sables puis ont quitté les lieux. Un voisin a apparemment appelé la police et lorsque nous sommes arrivés sur place, trois policiers en civil et qui ne portaient pas de brassard, nous ont interdit l'accès au lieu et ordonné de partir. Nous avons refusé et un policier a poussé un migrant contre une voiture", explique Modou, porte-parole de la VSP.

Nombreux tirs de projectiles en plastique dur

"La situation s'est envenimée et nous avons essuyé de nombreux tirs de projectiles en plastique dur. Plusieurs personnes ont été matraquées et gazées. Des renforts de la police locale et fédérale sont arrivés, nous nous sommes défendus et avons échangé des coups avec les policiers", poursuit-il. "Nous souhaitons porter plainte car le comportement de la police a été totalement disproportionné. Cette situation est anormale et inadmissible. Les policiers n'avaient aucun motif de nous agresser de la sorte, de nous gazer, frapper et tirer dessus", conclut-il.

Côté police, on explique que la brigade anti-agression a été requise sur place pour agissements suspects et forçage de la porte d'entrée d'un bâtiment de la rue des Sables.

"Quand la brigade est arrivée sur place, elle avait été informée que la serrure du bâtiment avait été cassée et ignorait à quoi s'attendre. Une cinquantaine de personnes l'ont menacée. Les policiers ont alors fait usage de gaz lacrymogène et quelques personnes ont été légèrement blessées. C'est seulement après que les intervenants ont appris qu'ils avaient affaire à la Voix des Sans-Papiers qui déménageait", indique Ilse Van de Keere, porte-parole de la zone de police de Bruxelles Capitale-Ixelles.

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