La voiture électrique, vraiment non polluante?

Le degré de pollution réel d'une voiture électrique reste mystérieux. Les avis, les études ne concordent pas forcément, au point de rassembler à présent des détracteurs purs et durs. Une sorte de courant anti-électrique! Que dire, qu'écrire en l'état? Voici un éclairage (parmi d'autres!).

Zéro émission, la voiture électrique? Faux. Historien de l'automobile, après une quarantaine d'années de vie professionnelle dans le secteur, Philippe Casse est un partisan de la voiture électrique, mais il relève des réalités techniques: "tous les véhicules, quel que soit leur type de moteur, créent des particules fines, par l'usure des pneus, celles des plaquettes de freins et du revêtement de la route."

Ce type de véhicule pollue cependant deux fois moins que l'essence ou le diesel, notamment parce que les freins sont moins sollicités.

L'impact des métaux rares

L'extraction du lithium, métal indispensable à une batterie, est-elle polluante? "Tous les ménages détiennent des objets qui contiennent ce métal, comme les écrans plats, les tablettes, une visseuse portable", commente Bruno Claessens, Président de l'ASBL Ampères et conducteur d'une voiture électrique depuis quatre ans.

"Le lithium se trouve en sous-sol sous la forme de saumure. On en extrait ce qui est nécessaire par un processus d'électrolyse. Le lithium est extrait dans d'autres conditions que d'autres métaux rares et a un impact environnemental bien inférieur." Et que faire de ces matériaux en fin de vie? La pollution qu'engendre leur extraction et leur transformation peut être atténuée: "si on met en place une filière de recyclage des batteries des véhicules électriques, on amortira finalement cette pollution sur différentes générations de voitures", indique Damien Ernst, ingénieur électricien et professeur à l'ULG.

De nombreuses variables

Le degré de pollution dépend encore du comportement du conducteur (sage ou plus brutal) ou de la nature de l'électricité nécessaire au véhicule en circulation.

Électricité produite à partir du renouvelable (la Norvège à 90%), du nucléaire (la France à 75%) ou de centrales à charbon (la Pologne)? Voilà d'autres variables encore qui ont des effets sur l'émission de CO2. "Chez nous, ce véhicule émet quatre fois moins de CO2 qu'un moteur thermique. Sa propre analyse conduit Damien Ernst à cette conclusion: "pour moi, il n'y a pas photo: le grand gagnant écologique dans le combat avec les moteurs thermiques est bien le véhicule électrique."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK