La chasse aux "pointeurs" en prison, phénomène très courant

La violence contre les tortionnaires d'enfants, phénomène courant dans les prisons
La violence contre les tortionnaires d'enfants, phénomène courant dans les prisons - © Tous droits réservés

La violence entre détenus au sein des prisons, particulièrement celle qui vise les pédophiles et les tortionnaires d'enfants est de plus en plus courante. Dernière affaire en date, à Mons : le 25 juillet dernier, la mère de Brayan, ce petit Mouscronnois de deux ans hospitalisé pour mauvais traitements, y est agressée par d'autres prisonnières. Des faits de violence en augmentation depuis l'affaire Dutroux.

"Automatiquement, un pédophile, un violeur ou un type qui fait du mœurs, on le tape devant tout le monde et tout le monde tape avec nous".

Dans le jargon des prisons, on appelle cela la chasse aux pointeurs. Une tradition dont certains agents pénitentiaires se rendraient complices assure cet ancien détenu. "Dans les douches, ça se passait bien parce que là tu as un balai. Le chef, mine de rien, il faisait comme s'il ne voyait pas, il faisait rentrer le mec et nous on était derrière".

Faux, nous répond Axel Piers, le directeur de la prison de Mons. "D'abord ils ne connaissent pas le détail du dossier et ensuite, quand ils revêtent leur costume d'agent pénitentiaire, ils deviennent professionnels et pas citoyens", réplique-t-il. "Les émotions, ils les laissent dehors et ils les récupèrent en sortant mais pas pendant qu'ils font leur boulot d'agents".

Les pédophiles et autres tortionnaires d'enfants font par ailleurs l'objet de mesures de sécurité particulières. A Mons, ils sont placés dans une aile spécifique de la prison. Et on leur déconseille de se rendre au préau en même temps que les autres détenus. "S'ils prennent leur responsabilité en prenant le risque d'aller à un endroit où manifestement, ils pourraient éventuellement être victimes de coups, on ne peut pas les suivre non plus tout le temps et partout", ajoute Axel Piers.

Reste que le prisonnier tabassé peut toujours porter plainte contre un gardien pour non-assistance à personne en danger. Une infraction pénale passible de 5 années de prison ferme.

F. Gérard, T. Rorive

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK