La ville de Bruges en a ras-le-bol des magasins pour touristes

La ville de Bruges est l’une des villes les plus visitées en Europe. 8,3 millions de personnes ont foulé les pavés de cette ville de Flandre-Occidentale en 2018. C’est un million de plus qu’en 2016. Un afflux parfois difficile à gérer. "Avant, les touristes visitaient Bruges en juillet et en août. Maintenant, c’est toute l’année", précise Piet Vanderyse, président des commerçants du centre. Et les touristes cherchent à ramener des souvenirs. Des chocolats, par exemple. 55 magasins de chocolats sont implantés dans le centre-ville de Bruges. Il faut y ajouter les boutiques de dentelles, les magasins de bières et de gaufres. Autant d'échoppes dédiées spécifiquement aux touristes. Mais il semble que cette invasion du centre par les commerces touristiques dérange.

"Il y a trop de magasins de souvenirs. Les Brugeois cherchent des choses et ils ne les trouvent pas dans ces rues", explique Dirk De Fauw, bourgmestre de la ville. "Tous les magasins sont les mêmes", surenchérit le président des commerçants. Il y a 150 magasins touristiques sur un total de 2000 points de vente dans le centre historique de Bruges. C’est un peu moins de 10%. "Heureusement, ces magasins se situent dans certaines parties de la ville", précise le bourgmestre. Les boutiques pour touristes se trouvent principalement dans le fameux triangle d’or. Ce sont dans ces quelques rues que se concentrent la plupart des visiteurs.

Les commerçants veulent un meilleur équilibre

La Venise du Nord est la ville la plus visitée de Belgique. Alors les emplacements sont chers. Il faut compter entre 5000 et 20.000 euros pour louer un magasin. "Les magasins traditionnels, familiaux partent. Les loyers sont trop chers. Les magasins touristiques prennent leur place", analyse Piet Vanderyse.

Ce "monopole" des boutiques empêche parfois d’autres boutiques d’exister pour le président des commerçants. "Dans une des rues principales, une joaillerie est entre deux magasins touristiques. Les gens passent devant sans la voir"Parfois, cette boutique est même cachée par les files qui s’étendent depuis le magasin de gaufres juste à côté.

"Nous avons une belle ville, on essaie d’avoir un équilibre entre tout. Mais en ce moment, ça penche plutôt d’un côté", confesse Piet Vanderyse qui souffle peut-être une solution : les calèches, qui font le tour de la ville avec les touristes, ont été limitées à 13 maximum.

Limiter les magasins pour touristes ?

Mais limiter les magasins est-il possible ? Les habitants de Bruges, déjà excédés par la foule de touristes dans le centre-ville, en rêvent. "Il y a trop de magasins pour touristes, nous confie un habitant. Je suis née à Bruges et depuis toute petite, j’ai vu des dizaines et des centaines de magasins arriver", raconte une autre Brugeoise. Il devrait y avoir un stop".

Un stop que souhaitent aussi les autorités brugeoises. Seulement, la ville ne peut rien faire. "C’est très difficile de dire 'on ne peut pas vendre ce produit ou ce produit', souligne le Dirk De Pauw. Par exemple, une boucherie qui est remplacée par un magasin de chocolats ou de bières, on ne peut rien faire. Quand un établissement a la fonction d’un magasin, il peut vendre ce qu’il veut".

Deux solutions s’offrent alors à la commune. La première est d’acheter ou de louer les magasins et de les relouer à un commerçant qu’elle choisit. La deuxième, moins coûteuse, est "de demander au nouveau gouvernement des méthodes juridiques pour dire quels produits on peut vendre dans tel ou tel magasin", analyse le bourgmestre.

Ces alternatives permettraient éventuellement à la Venise de Nord de conserver sa beauté. Un charme, qui selon les autorités, se perd dans certaines parties de la ville.

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