La vague de chaleur est bien une conséquence du réchauffement climatique

Incendies mortels en Grèce, Nord de l’Europe qui connait des températures sans précédent historique dans les mesures, et en Belgique, un record de 34 degrés atteint vendredi dernier. Les résultats préliminaires d’une étude européenne, dévoilés ce vendredi, sont clairs. Les températures élevées de cet été sont un indicateur du réchauffement climatique, et ces périodes de chaleur seront plus probables dans le futur. Les chercheurs du réseau World Weather Attribution avancent que le réchauffement climatique a multiplié par deux la probabilité des vagues de chaleurs actuelles, selon des mesures prise au Danemark, en Irlande et aux Pays-Bas.

Pour Philippe Marbaix, chercheur à l’UCL et membre de plateforme wallonne du GIEC, personne ne peut dire qu'une vague de chaleur est due au changement climatique uniquement: "les vagues de chaleur sont la combinaison d'un fonds de réchauffement climatique global, avec des phénomènes aléatoires et régionaux qui font apparaître à un moment donné une situation atmosphérique, qui fait qu'on se retrouve à ce moment-là avec une vague de chaleur".

 

La Belgique et une grande partie de l'Europe ont fait face à la canicule

Le visage du changement climatique

Or, cela fait plusieurs années que les chercheurs se rendent compte que le risque d'événements extrêmes, et de vagues de chaleur en particulier, augmente dans le contexte de réchauffement climatique. "C'est à dire que la principale cause est en fait simplement l'augmentation des températures moyennes, dont on ne fait que découvrir la réalité concrète". Le "visage du changement climatique", pour Michael Mann - de la Penn State University, dans ses propos au Guardian.

Nous voyons une répétition d’années chaudes indépendamment des facteurs météorologiques aléatoires qui sont responsables des fluctuations de températures d’une année à l’autre

Ces cinq dernières années ont été très chaudes, notamment à cause du phénomène El Niño: "un phénomène de couplage des températures entre l’océan et l’atmosphère dans les zones équatoriales. Globalement au niveau planétaire, ça donne des années plus chaudes. Ce phénomène s’est atténué, et il n’y avait a priori pas de raison qu’on soit dans une année particulièrement chaude. Malgré tout, on l’est quand même. Et donc nous voyons une répétition d’années chaudes indépendamment des facteurs météorologiques aléatoires qui sont responsables des fluctuations de températures d’une année à l’autre".

Le pire est à venir

L'IRM a bien précisé que pour la Belgique, l'été 1976 est le plus chaud et le plus sec jamais enregistré. Localement chez nous, le pire record n'a donc pas été atteint, mais pour Philippe Marbaix, "si on avait les pires situations météo du passé, couplées au réchauffement climatique, on pourrait craindre probablement encore un peu plus grave que ce qu'on a connu cette année en Belgique". Non seulement le réchauffement global des températures augmente donc le risque de périodes de canicule, mais en plus, les conditions météorologiques de cette année sont encore relativement clémentes. Ce qui augure, en fait, que le pire est très certainement encore à venir. Encore deux questions à Philippe Marbaix:

  • Sommes-nous en Europe collectivement inconscients de ce réchauffement ?

"Si nous ne changeons pas la quantité de gaz à effet de serre que nous émettons, la situation va s'aggraver à tous points de vue. Oui, il y a peut-être une certaine inconscience encore, parce que si le message était passé, on devrait comprendre que c'est en effet quelque chose auquel il faut s'attendre, et que si on ne s'y attaque pas de manière décisive en prenait des décisions parfois difficile dès maintenant, le nombre de vagues de chaleurs va augmenter. Parce que d'autres régions du monde veulent imiter notre mode de consommation - et on peut les comprendre, que des pays sortent de la pauvreté c'est tout ce qu'on peut leur souhaiter - mais si tout le monde va vers le mode de vie que nous avons eu jusqu'à présent, les émissions vont continuer à augmenter et je crains que l'on n'ait pas encore pris toute la mesure du phénomène."

Les gaz à effet de serre sont omniprésents dans notre quotidien

  • Pourquoi est-ce que selon vous il faut atteindre le "zéro émission" de CO2?

"C'est nécessaire parce que - de manière approximative, c'est ce qui correspond à une stabilisation des températures, à un arrêt du réchauffement. C'est une simplification de parler comme ça, parce qu'il n'y aucun lien physique entre stopper les émissions et arrêter le réchauffement, mais en pratique c'est une bonne description de la manière d’arriver à arrêter le réchauffement. D'autres questions se posent pour d'autres gaz à effets de serre, mais la raison principale de l'objectif zéro émissions, c'est que le CO2 s'accumule dans l'atmosphère pour une longue période et tant qu'il est là, il contribue à poursuivre le réchauffement."

La région de Mati, au nord d'Athènes, a été ravagée par les flammes, en cette fin juillet:

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