La taxe kilométrique pour les camions en vigueur dès le premier avril prochain

Le système est basé sur le principe de l'utilisateur-payeur. Dès le premier avril prochain, tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes, hormis ceux qui transportent des personnes, circulant en Belgique devront être équipés d'un mouchard. Il repérera leur parcours et permettra de facturer une taxe kilométrique à son utilisateur. Tous les véhicules, cela veut dire aussi les étrangers en transit chez nous. On estime à près de 80% les routes qui seront payantes dès avril chez nous.

L'appareil s'appelle "OBU" pour "on bord unit", traduisez "appareil embarqué". Une caution de 135 euros sera demandée à chaque utilisateur. L'appareil, repéré par satellite, permettra de retracer le parcours du véhicule et de facturer la taxe kilométrique à l'utilisateur. Une facturation modulable selon le poids du véhicule, ses émissions de dioxyde de carbone et la région dans laquelle il roule.

En gros, trois catégories : de 3,5 tonnes à 12 tonnes, de 12 tonnes à 32 tonnes et de plus de 32 tonnes; 7 types d'émission allant d'euro 0 à euro 6; et, enfin, 3 régions. C'est à Bruxelles que cela coûtera le plus cher puisqu'en zone urbaine, avec un camion de plus de 32 tonnes, la facture sera de près de 30 centimes par kilomètre parcouru.

L'euro-vignette sera, elle, abandonnée et la taxe annuelle de circulation réduite, et même abandonnée pour les moins de 12 tonnes. La taxe kilométrique ne sera pas réclamée pour les véhicules de la défense, de la police, de la protection civile, pas plus que pour les ambulances ou pour les véhicules agricoles, horticoles ou forestiers ou, encore, pour certains véhicules-outils et bien sûr pour les transports de personnes.

La taxe kilométrique va toucher beaucoup plus de monde qu'on ne le croit pourtant et, quelque part, nous allons tous la payer. Prenons l'exemple des communes, du ramassage des déchets pour être précis. Les camions devront être équipés de l'"OBU" et bien qu'il ne parcourront qu'une petite partie des routes payantes, cela aura une influence sur toute la chaîne. Au bureau économique de la province de Namur (BEP) par exemple, on estime le coût taxe à plus ou moins 7 euros par jour et par camion. Quand on sait que, tous les jours ouvrables, 100 camions tournent, le calcul est vite fait : 182 000 euros en un an. La facture, au bout du compte, sera adressée aux particuliers.

Au premier avril, on estime que 700 000 véhicules devraient être équipés : 150 000 belges et 550 000 étrangers. Mais on ne se bouscule pas aux commandes. Début de l'année seule un petit 20 000 "OBU" étaient commandés. Pourtant, mieux vaut se méfier : le territoire sera équipé de portiques qui repéreront les contrevenants et une quarantaine de patrouilles sillonneront les routes. Les amendes pourraient se chiffrer à 1000 euros en cas de non-utilisation.

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