La Suisse vote pour un congé de paternité de deux semaines : "Il a fallu 20 ans"

La Suisse vote pour un congé de paternité de deux semaines : "Il a fallu 20 ans"
La Suisse vote pour un congé de paternité de deux semaines : "Il a fallu 20 ans" - © Tous droits réservés

Le parlement suisse a voté mercredi en faveur d’un congé paternité de deux semaines. C’est une révolution en douceur, car le droit suisse ne reconnaît actuellement pas le congé paternité contrairement à beaucoup d’autres pays. Dans la pratique, les pères ont jusqu’à présent fait valoir un droit aux "jours de congé usuels", soit un à deux jours de congés payés.

Le texte a été adopté à une large majorité. Seule l’Union démocratique du Centre (droite populiste) s’était opposée à ce projet. "Il a fallu 20 ans et plus de trente tentatives au Parlement pour arriver à ce résultat", souligne la télévision suisse publique RTS. En effet, il y a trois ans encore, les députés avaient rejeté l’idée d’un congé de deux semaines.

Les parlementaires suisses ont cette fois dit "oui", et ce congé sera à prendre pendant les six mois qui suivent la naissance de l’enfant. Il pourra être pris sous forme de journées isolées. C’est une avancée, mais pour certains l’ambition n’est pas assez grande. Quatre organisations, dont des organisations de défense des droits des travailleurs et des familles, ont d’ailleurs lancé un référendum populaire pour demander un congé paternité de vingt jours. Si ces organisations maintiennent le référendum, ce sont les Suisses qui auront le dernier mot, comme le prévoit le système suisse de démocratie directe. Ce sont donc les citoyens qui devront dire s’il faut établir un congé paternité de deux semaines ou de vingt jours.

Au sein de l’UE, la législation évolue

La législation sur le sujet évolue rapidement au niveau international, et notamment au sein de l’Union européenne. Elle a instauré en avril 2019 une norme minimale de 10 jours de congé de paternité, rémunérée à hauteur de la prestation maladie dans chaque Etat membre.

En France, une pétition signée par 160 personnalités réclamait en septembre 2018 l’instauration d’un congé paternité obligatoire aligné sur le congé maternité, au lieu de onze jours actuellement. Les Espagnols ont allongé au printemps dernier la durée du congé de paternité à deux mois, s’alignant sur les pays nordiques, qui offrent les systèmes les plus généreux. De son côté, l’Autriche permet depuis début septembre aux hommes de prendre congé pendant un mois.

Et chez nous ?

En Belgique, les nouveaux pères ont droit à dix jours congé de paternité. Le pays s'est donc conformé au minimum imposé par les directives européennes. Les indépendants et demandeurs d’emploi n’y ont pas droit.

Selon un baromètre de la Ligue des Familles, 60% des papas souhaitent obtenir autant de jours de congés de paternité que les mères. Pourtant, près de 32% des pères sondés n’ont pas pris leur congé de paternité. Dans 10 % des cas, la crainte de conséquences négatives pour leur carrière les empêche de s’absenter les premiers jours de naissance de leur enfant. Et puis, il faut aussi citer les pères qui ne souhaitent pas forcément que les choses changent : selon ce même baromètre, 19% des pères ne voient pas d’intérêt à la prolongation de ce congé.

Du côté politique, le thème faisait partie de la dernière campagne électorale. D'après les informations récoltées par la RTBF en avril 2019, tous les partis francophones, à l'exception du Parti Populaire, sont pour une augmentation du congé de paternité au-delà des dix jours actuels. Le MR et le cdH proposent 15 jours, le PS un mois, Ecolo deux mois, et le PTB veut l'égaliser au congé de maternité, qui on le rappelle est de trois mois. Le tout est à présent de voir quelles seront les avancées concrètes en la matière...

 

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