La station polaire trop chère, au détriment d'autres recherches?

Au départ, la Station polaire devait coûter 6 à 7 millions d'euros. Mais au final, sa construction est évaluée à 21 millions d'euros. Cette somme est répartie entre fonds privés et publics, la politique scientifique prenant en charge un tiers. Ces chiffres élevés inquiètent certains scientifiques belges.

Jean-Henry Hecq, maître de recherche au Fonds national de la recherche scientifique et océanographe à l'université de Liège, estime en tout cas quil ne faut pas oublier les chercheurs moins médiatisés.

"Il est évident qu'en ce moment cette base nécessite un énorme investissement, mais je crois que comme dans la vie, il faut savoir de temps en temps se serrer la ceinture, pour que d'autres uvres se créent. Mais il ne faudrait quand même pas oublier les recherches qui se font de manière un peu plus discrète, la recherche de l'ombre."

Investissement à long terme 

Mike Vancauwenberghe, qui gère le programme de la recherche antarctique à la Politique scientifique belge, comprend bien cette appréhension. Mais relativise: la station profitera à d'autres chercheurs. "Le budget pour la construction de la station est plus élevé qu'on ne l'avait pensé au départ. C'est surtout parce que les coûts logistiques pour amener le matériel étaient beaucoup plus élevés qu'on ne l'avait pensé. Mais il ne faut pas oublier qu'à côté de cette station, il y a le programme scientifique qu'on a démarré en 85 et qui normalement va continuer. Ce programme va permettre à d'autres chercheurs, notamment les chercheurs qui travaillent sur l'océan australe, de continuer leurs recherches".

Et les coûts pourraient ne pas se limiter à la construction.  En cas de problème, cest bien la Politique scientifique qui paiera. "A partir du 1er mars de cette année, la Fondation polaire va céder la propriété à l'Etat, notamment à la Politique scientifique. Le Secrétariat polaire va entrer en vigueur et c'est le Secrétariat polaire qui va gérer la station et les budgets pour la station", explique Mike Vancauwenberghe.

Mais selon elle, la station reste une chance pour la science belge. "On a été en Antarctique, au moment de Gerlache C'est aussi grâce à cette station qu'on a pu entrer dans le Traité Antarctique. On était un des premiers signataires. Maintenant, il y a un an, 46 pays ont signé le Traité. La Belgique, avec la Hollande étaient les deux seuls pays qui n'avaient pas de station, mais qui faisaient de la recherche. Maintenant cette station va permettre de renouveler cet engagement avec l'Antarctique".

(J.C., avec D. Simon et M. Khelfat)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK