La société Mattel, qui commercialise Barbie, se lance dans la recherche sur les préjugés sexistes

La poupée Barbie est déclinée en dizaines de modèles, présentés le 14 février 2010 à New York
La poupée Barbie est déclinée en dizaines de modèles, présentés le 14 février 2010 à New York - © STAN HONDA

Le fabricant de jouets Mattel l'a annoncé solennellement mardi: la poupée Barbie, blonde élancée à sa création en 1959 mais désormais déclinée en de multiples versions plus émancipées, va collaborer avec des chercheurs travaillant sur la représentation des femmes et les stéréotypes sexistes.

Le but de ce programme pluri-annuel, baptisé "Dream gap", qui signifie "fossé des rêves", est de sensibiliser le public sur les différents "facteurs qui empêchent les petites filles d'atteindre leur plein potentiel", explique dans un communiqué la société basée à El Segundo, en Californie.

Un impact plus importants dès le plus jeune âge

Selon certaines études, qui restent à approfondir, dès l'âge de cinq ans les fillettes sont moins enclines à considérer les femmes comme intelligentes et commencent à perdre confiance dans leurs capacités, contrairement aux garçons qui n'auraient pas ce genre de problème.

Ce phénomène est alimenté par des stéréotypes culturels, des préjugés sexistes implicites et la représentation des hommes et des femmes véhiculée par les médias, résume le communiqué de Mattel. Autant de "facteurs limitants" qui pèsent sur la façon dont les petites filles se perçoivent et que Barbie s'engage à combattre via le projet "Dream Gap" en "finançant la recherche, en mettant en valeur des modèles positifs et en créant une communauté d'entraide".

La marque Barbie va notamment financer une chaire à l'université de New York, en collaboration avec le professeur Andrei Cimpian du département de psychologie, pour permettre de nouvelles études sur la question. Plus globalement, Barbie s'engage à travailler avec des scientifiques pour promouvoir ces recherches.

Une initiative qui doit être plus large, selon les dirigeants de la marque

Ce projet veut "éduquer la société sur les préjugés sexistes et rassembler tous ceux qui soutiennent les petites filles, car nous ne pouvons pas faire ça tout seuls", a déclaré Lisa McKnight, directrice générale et vice-présidente de la marque Barbie.

La poupée Barbie elle-même, en butte à une concurrence croissante des jeux vidéo et électronique, sera élevée au rang de "modèle" positif. Mattel a annoncé cet été 2.200 suppressions d'emplois à travers le monde après une lourde perte trimestrielle.

Archive : La chronique de Rudy Léonet (Matin Première 23/06/2017)

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