Fraudes à la SNCB: "Pour une période de 6 mois j'ai reçu une centaine d'euros"

Un fraudeur : "Pour une période de 6 mois, j'ai reçu une centaine d'euros en retour"
2 images
Un fraudeur : "Pour une période de 6 mois, j'ai reçu une centaine d'euros en retour" - © RTBF

Frauder pour obtenir des compensations est un jeu d'enfant pour les usagers du rail malhonnêtes. Il suffit de se rendre sur des sites qui répertorient les trains arrivés en retard. La SNCB a bien du mal à attraper les tricheurs, et ça n'arrange pas ses finances. Un fraudeur a expliqué à la RTBF comment il s'y prenait.

La SNCB reçoit chaque année des dizaines de milliers demandes de compensation pour des retards de train : 100 000 en 2013, pour un montant d'1,5 million d'euros. Autant dire que le phénomène est loin d'être anecdotique, comme l'a expliqué dimanche à la RTBF le patron du rail Jo Cornu.

Or, certaines de ces demandes sont abusives. Mais à la SNCB, on admet qu'il est très difficile, voire impossible de démasquer les fraudeurs, explique Nathalie Pierard, porte-parole: "D’autant plus que fleurissent depuis quelques années beaucoup de sites qui relatent et qui résument tous les retards à travers tout le pays. Et des gens, malheureusement assez malhonnêtes, puisent dans cette réserve et vont remplir des formulaires qu’ils vont ensuite nous renvoyer".

Ces sites aident même le voyageur à remplir son formulaire. Dans le cas d'abonnements, il est impossible pour la SNCB de vérifier si l'usager était réellement à bord du train en retard.

Portefeuille électronique

Les compensations sont versées sur un portefeuille électronique, qui permet au voyageur d'acheter d'autres produits de la SNCB, que ce soient des billets, ou des abonnements. L'usager du rail pour réclamer d'être indemnisé s'il a subi par exemple, sur une période de 6 mois, 20 retards de 15 minutes, ou 10 retards de 30 minutes.

Pour la SNCB, le coût administratif est aussi très élevé (1,5 million d'euros) puisque chaque demande, chaque train est vérifié. Jo Cornu, le patron de la SNCB, parlait ce week-end sur nos antennes de fraude massive. Pour lui, il s'agit d'un "gaspillage d'argent" considérable.

"Pour une période de 6 mois, j'ai reçu une centaine d'euros en retour"

Gianni Tabbone, au nom de l'association d'usagers navetteurs.be, reconnaît l'existence d'une certaine fraude, "peut-être pas dans les proportions décrites par la SNCB. Oui, comme partout ailleurs, certains fraudent".

Nous avons rencontré Julien (nom d'emprunt), qui fraude ainsi depuis des années. Sur un site qui répertorie tous les retards de la SNCB, il sélectionne tous les trains qui ont connus plus de 15 minutes de retard sur son trajet habituel, qu'il les ait pris ou pas. Tous les 6 mois, il envoie sa liste et réclame les compensations, qui sont versées sous forme de bons d'achat valables un an. "La dernière fois que j'ai fait la demande pour une période de 6 mois, j'ai reçu une centaine d'euros en retour", précise Julien.

"Il ne faut pas inverser les rôles"

Navetteurs.be ne cautionne évidemment pas cette fraude, mais pour l'association le problème est ailleurs : "Il ne faut pas inverser les rôles. S'il y a des compensations, c'est parce que les trains sont en retard".

Le système actuel est en train d'être modifié, il est en cours de négociation au sein du conseil des ministres, en vue d'une simplification. Une première mesure est de faire passer le minimum de retard qui donne lieu à une indemnité de 15 à 30 minutes.

S'il n'y avait plus de retard, il n'y aurait plus de compensation, et la fraude disparaîtrait.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK