"La situation est honteuse": la FEF scandalisée par la détention de Junior, cet étudiant congolais envoyé dans un centre fermé

L’histoire de l’arrestation de Junior Masudi Wasso fait grand bruit en Belgique. Cet étudiant de 20 ans devait suivre des cours d’économie à l’UCLouvain. Il a été arrêté à son arrivée à l’aéroport le 18 septembre dernier. Depuis, il est détenu en centre fermé. C’est là-bas que Lucas van Molle, le président de la Fédération des Etudiants Francophones a rencontré Junior ce samedi après-midi. "Il m’a dit qu’il avait encore du mal à réaliser, qu’il ne comprend pas et qu’il est très déçu de l’accueil que lui a réservé la Belgique", nous explique-t-il.

Le président de la FEF ne comprend pas cette décision : "Il a suivi une longue procédure pour avoir son visa étudiant, pour avoir l’autorisation de l’ambassade et son inscription à l’UCLouvain".

Junior ne rêverait que d’une chose : pouvoir commencer les cours, selon Lucas van Molle. "Ce qui le fait stresser actuellement, c’est le fait qu’il est en train de rater des semaines de cours", raconte le président de la FEF, "scandalisé par cette situation. Ça va à l’opposé des valeurs qu’on défend. On est pour une société inclusive et solidaire. La situation est honteuse".

La Fédération des Etudiants Francophone souhaite une marche arrière des autorités belges et de l’Office des Etrangers. Elle veut également que la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, "se positionne et interpelle ses collègues du gouvernement fédéral pour défendre un étudiant. C’est aussi son rôle". Mais le temps presse car Junior pourrait être expulsé ce dimanche.

Les réactions sont nombreuses depuis que l’histoire a été révélée. Ce vendredi, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées à Louvain-la-Neuve pour réclamer sa libération. Un collectif d’associations se mobilise pour réclamer qu’on le libère, et une pétition allant dans ce sens a recueilli plus de 6000 signatures. Dans un communiqué, le parti DéFI juge également cette arrestation "incompréhensible". "Ce cas pose question sur la manière dont la police aéroportuaire peut réduire à néant en quelques questions des documents aussi charpentés qu’un visa et une inscription universitaire", observe le président et député fédéral François De Smet.

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