La sérendipité à l'origine de dizaines de découvertes scientifiques majeures

Alexander Fleming. Inventeur de la pénicilline
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Alexander Fleming. Inventeur de la pénicilline - © Tous droits réservés

Le principe d'Archimède, les antibiotiques, l'aspirine, la radioactivité, le Teflon, le Velcro, etc, aucune de ces découvertes qui nous ont changé la vie, n'auraient été faites sans sérendipité. Ce mot est très tendance dans le monde de la recherche mais quand les scientifiques en parlent, c'est surtout pour déplorer le fait qu'on ne lui laisse pas assez de place alors qu'elle est à l'origine d'une foule de découvertes qui ont révolutionné l'histoire des sciences.

Sérendipité : hasard et inventions  

Ce mot curieux est entré dans le dictionnaire il y a quelques années à peine. Selon le Larousse, il se définit comme la capacité, l'art de faire une découverte, notamment scientifique, par hasard.

Les antibiotiques à base de pénicilline, les radiographies, l'aspartame qui sucre notre café ou encore le four à micro-ondes qui réchauffe notre soupe ont un point commun : la sérendipité.

Pour bien comprendre, reprenons l’exemple de la pénicilline.  A la fin des années ‘20, le biologiste Alexander Fleming, constate en rentrant de voyage, qu'une moisissure a contaminé sa culture de staphylocoques, et que cette moisissure a éliminé une partie des bactéries. Interpellé il cherche à comprendre, puis se rend compte que ce champignon a la capacité de tuer les bactéries. Fleming a découvert l'antibiotique.

Quelques années plus tôt, le physicien Willem Roentgen se passionne pour les tubes cathodiques et multiplie les expériences. Il découvre par hasard que l’un de ces tubes, même enfermé dans une boîte obscure, produit un rayonnement qui traverse les parois de la boîte. Il décide alors d’éclairer la main de sa femme et de faire une photo. Il réalise ainsi la première radiographie de l'histoire.

Danièle Bourcier, directrice de recherche au FNRS, a longuement étudié la sérendipité, dont elle parle dans son livre : "La sérendipité, le hasard heureux".  Pour elle, il est trop simple de résumer ce concept à un heureux hasard. "Pasteur a dit un jour que le hasard ne favorise que des esprits préparés. Il faut donc avoir le sens de l’observation, mais aussi des connaissances, un background pour reconnaitre qu’un évènement est particulier et qu’on va en faire quelque chose".

Importance de la notion d’erreur  

Christophe Colomb serait-il le maître de la sérendipité ? C'est en cherchant une nouvelle route pour rejoindre la Chine qu’il découvre, par hasard et par erreur le continent Américain. "J’aime bien la notion d’erreur dans la sérendipité",  ajoute Danièle Bourcier.  "Souvent les découvertes sont faites par erreur or dans notre système éducatif l’erreur c’est la faute alors qu’elle peut être extrêmement utile".

L'erreur et le hasard ont-ils encore vraiment de la place dans le monde de la recherche actuelle ?  Pas sûr car aujourd’hui, par souci de rentabilité, la recherche appliquée a largement pris le dessus. "Il est important que les administrateurs comprennent qu’au cours d’une recherche, il est possible de découvrir quelque chose qu’on n’avait pas prévu, et il faut l’accueillir comme une chance ". Dans un mode imprévisible et où les défis ne manquent pas, il se pourrait que des solutions se trouvent un jour dans la sérendipité. 

L’intégralité de cette page scientifique est à découvrir chaque dimanche dans l'émission "Un oeil sur demain" à la fin du Journal télévisé de 13 heures.

 

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