La Saint-Valentin en maison de retraite: l'amour inspire les aînés

Calogera, 87 ans, et Benito,  89 ans, mariés depuis 57 ans ans vivent ensemble à la maison de repos Saint-Thomas de Lustin, dans la commune de Profondeville.
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Calogera, 87 ans, et Benito, 89 ans, mariés depuis 57 ans ans vivent ensemble à la maison de repos Saint-Thomas de Lustin, dans la commune de Profondeville. - © Laurence Lenne-RTBF

Vous allez peut-être fêter la Saint-Valentin. Comme il n'y a pas d'âge pour l'amour, à la maison de retraite Saint-Thomas de Lustin dans la commune de Profondeville, on célèbre aussi la date du 14 février. Pour les couples qui y vivent, mais pas seulement. Tous les pensionnaires sont conviés à un goûter. Et côté décoration, on est déjà dans l'ambiance. Depuis quelques jours, aux murs et sur les tables de la cafétéria, des cœurs rouges et des motifs colorés.

Cœurs rouges

Depuis une vingtaine d'années, la maison de repos et de soins de Lustin célèbre la Saint-Valentin. Comme c'est le cas pour d'autres fêtes comme la Carnaval, Pâques ou Noël. "C'est important de marquer la saisonnalité. Les fêtes, les saisons sont des repères pour les personnes âgées", explique Florence Luter responsable des animations.

Les coeurs rouges en carton sont accrochés aux murs de la cafétéria. Certains qui le souhaitent peuvent en emmener un dans leur chambre. "La décoration et les animations sont organisées pour montrer que c'est la période et pour être en adéquation avec ce qui se passe à l'extérieur", ajoute Fabienne Blondiau, ergothérapeute.  

Ce mardi, le menu du goûter sera thématique. "Avec un bavarois en forme de coeur notamment, avec des serviettes rouges. C'est gai, ca donne de la vie."

Sentiments contrastés

Mais la fête n'a pas toujours été célébrée à la maison de repos Saint-Thomas. Il y a quelques années, les animations ont été arrêtées. "C'est ambigu cette période pour les personnes âgées. Certains seniors sont très heureux de la célébrer, soit parce qu'ils sont en couple, soit parce qu'ils ont des souvenirs heureux de leur vie de couple. Pour d'autres c'est plus compliqué, car le deuil, la solitude sont douloureux à vivre". 

Malgré ce constat, la maison de retraite a décidé de recommencer  ses animations "valentines". "L'amour fait tellement partie de la vie. Célébrer cette fête, c'est être en adéquation avec le rythme de la vie extérieure. Mais bien sûr, on ne force personne à se réjouir ou à la fêter."

L'amour c'est important, Anne-Marie 94 ans

La Saint-Valentin, dans ma jeunesse, on ne la célébrait pas, Adrienne 95 ans

Ce sont les résidents qui ont fabriqué eux-mêmes les coeurs rouges qui décorent la cafétéria. Des activités qui permettent de travailler l'agilité et la mémoire et aussi de parler de la fête et de l'amour. "L'amour c'est important pour moi", explique Anne-Marie, 94 ans. "Mon mari et moi venons de fêter nos 70 ans de mariage. Nous vivons tous les deux ici." Si l'amour ou le souvenir de l'amour inspirent les aînés, la Saint-Valentin ne fait pas partie de leur culture. "On en entend parler un peu maintenant. Mais à notre époque, on ne la célébrait pas", ajoute Adrienne, 90 ans. 

Compliqué de parler de la Saint-Valentin aux patients Alzheimer

Toutes les maisons de repos ne célèbrent pas la fête. A la maison d'Harscamp dans le centre de Namur par exemple, il y aura juste un karaoké dans le courant du mois de février. A la Pairelle à Wépion, on célèbre la fête habituellement mais pas cette année. "Non, car sur les 5 couples de notre maison de repos, 3 viennent d être touchés par un décès. Ce serait trop dur pour eux", explique la directrice.  

Au service d'accueil pour patients Alzheimer de Saint-Thomas de Lustin, on ne marquera pas le coup non plus. "On le faisait avant, mais on a arrêté", explique la coordinatrice Anne Peyrière. "C'est compliqué pour eux. Car si on leur parle de la fête des amoureux, de leurs maris, de leurs  épouses, certains veulent quitter notre centre pour aller retrouver leur conjoint qu'ils pensent encore vivant. Car ils ont oublié qu'il est décédé. Ils ont oublié aussi à quelle période on est, ils pensent que leurs enfants sont encore petits et qu'ils doivent rentrer chez eux pour leur faire à manger à leur retour de l'école. C'est dur à gérer. Mais de l'amour, on en parle évidemment. Au sens large. C'est très important."

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