La Rilatine, un médicament miraculeux et sans danger pour nos enfants ?

La Rilatine pour combattre les troubles d'inattention chez l'enfant, une bonne idée ?
La Rilatine pour combattre les troubles d'inattention chez l'enfant, une bonne idée ? - © RTBF

Nos enfants sont parfois turbulents ou déconcentrés, mais ce n'est pas toujours de leur faute. Les troubles du déficit de l'attention sont nombreux. C'est une vraie maladie, d'une vraie souffrance que certains tentent de réguler avec un médicament: la Rilatine. Les effets sur la concentration notamment sont réels. Mais le produit est-il pour autant miraculeux et sans danger pour autant ?

La Rilatine est un des best-sellers des pharmacies. Ce médicament est remboursé. Il a coûté en 2010 à la sécurité sociale 5,5 millions d'euros. C'est que le nombre de patients a doublé en cinq ans à peine. Aujourd'hui, 32 000 jeunes Belges prennent chaque jour ce dérivé d'amphétamines à propos duquel parents et enseignants n'obtiennent pas toujours la bonne information.  

"Quand la molécule a été synthétisée, on ignorait totalement son mode d'action. Maintenant, on le connaît bien. Mais dans les années '60, c'était tout-à-fait inconnu", relève pour sa part Jean-Marie Maloteaux, professeur de pharmacologie à l'UCL. 

Une surprescription qui pose problème

A cette époque, ce psychostimulant était considéré comme un anti-dépresseur conseillé aux mamans en plein baby blues ou aux femmes au foyer qui veulent être plus efficaces. Ce n'est qu'au fil du temps que les enfants sont devenus la cible privilégiée de l'industrie pharmaceutique. "Vous savez à quoi ça ressemble ? C'est comme épingler un papillon. Ce bel enfant est cloué", regrette le psychiatre américain Peter Breggin.

Ce médicament est donc indiqué pour les enfants qui souffrent d'un manque d'attention mais bon nombre de spécialistes dénoncent sa surprescription.

Pour Diane Drory, psychanaliste spécialiste de l'enfant, il est dramatique de constater que la Rilatine est devenue la "bonne à tout faire", qu'on en donne aux enfants dès qu'ils manquent un peu d'attention ou dès qu'ils bougent un peu trop. "Or, un enfant qui bouge, c'est un enfant vivant !", relève-t-elle.

Malgré les risques bien présents, le succès du médicament est bien là

Trouble de l'appétit, maux de tête, de ventre, risque de dépression et de troubles cardiaques. Les mises en garde n'empêchent pas le succès fulgurant d'un médicament qui pose bien des questions. En 2010, les enfants et adolescents de Belgique ont avalé 10 millions de pilules.

Le sujet sera abordé plus longuement ce mercredi soir dans l'émission "Questions à la Une", à 20h15 sur la Une.

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK