Les papys braqueurs: des peines jusqu'à 5 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu ce vendredi son jugement dans le dossier de ceux qu’on a surnommés les « papys braqueurs ». Âgés de 52 à 64 ans, ils sont reconnus coupables d’avoir tenté de braquer une banque ING en août 2018. Ce sont des hommes âgés, déjà condamnés à de nombreuses reprises, notamment, pour braquage, et ayant déjà fait de la prison.

La peine la plus lourde concerne Koenraad Spitaels. Il écope de 5 ans de prison et est considéré comme le chef de l'organisation. Djurica Djordjevic, alias Duckie, et David Marloye sont condamnés à 50 mois d'enfermement. Abderafid BO, à 40 mois avec sursis probatoire partiel.

Ils sont tous les quatre considérés comme actifs dans l'organisation. Les braqueurs voulaient, disent-ils, attaquer la banque sans violence. Pour le tribunal, les faits auraient difficilement pu se passer de cette manière, surtout lorsque l'on analyse le passé des malfrats. Les condamnés ont pris le risque de faire des victimes. Pour rappel, lors des arrestations, la police avait retrouvé, entre autres, une grenade, un détonateur et une arme de poing.

 57% de récidivistes

Parmi ceux qui passe par la case prison, un sur deux repasse à l’acte dans les deux ans qui suivent la sortie de prison.

Ces anciens détenus ont souvent été à fond de peine : ils n’ont donc aucune condition à respecter une fois dehors, ni aucun suivi. « Plus les personnes sont incarcérées, plus le risque en termes de récidive est élevé, explique Vincent Seron, criminologue à l’ULg. Et c’est ça qui est certainement l’élément prédominant. La prison, finalement, ne résout rien et par ailleurs aggrave même la situation de ce qui préexistait. »

Il peut y avoir un objectif de lucre derrière tout ça

Autre facteur qui influence la récidive : la précarité ; beaucoup de détenus sortent de prison en étant tout à fait démunis. « Qui dit manque de moyens financiers, dit difficultés de vie et pour, à un moment, trouver des solutions acceptables pour les ex-détenus, note Vincent Seron. On passe par des comportements qui sont contraires à la loi. »

La récidive est toutefois plus rare chez les ex-détenus les plus âgés. Dans le dossier dit des papys braqueurs, des personnes condamnées à de nombreuses reprises, c’est la recherche d’adrénaline qui aurait pu les pousser à repasser à l’acte. « Si ça a marché par le passé, on peut se dire que ça va encore fonctionner pour le futur donc il peut y avoir un objectif de lucre derrière tout ça et de se dire que ce sera le dernier et après on raccrochera. »

En cas de récidive, les peines sont pourtant plus sévères : jusqu’au double prévu par la loi.

Braquage déjoué dans une agence bancaire à Bruxelles (JT 10/08/2018)

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