La recette du bonheur selon les minimalistes: posséder peu pour vivre mieux

Pour les minimalistes, avoir moins d'objets permet de mieux se concentrer sur l'essentiel.
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Pour les minimalistes, avoir moins d'objets permet de mieux se concentrer sur l'essentiel. - © Eric Bailey - startupstockphotos.com - pexels.com

Vous la connaissez, cette scène (ou vous allez la vivre dans les prochains jours) : l’achat des cadeaux de Noël. Un centre commercial bondé, des tables débordantes de coffrets colorés, des livres-objets tels que "le guide du parfait barman" accompagné de son shaker en acier véritable, de jeux de société à ne plus savoir qu’en faire. "Est-ce que ça va lui plaire, à Mamy, ce DVD du dernier concert de Charles Aznavour ? Et Gérard, est-ce qu’il n'a pas déjà cette compilation des meilleurs tubes de Johnny Hallyday ?" Des foules de questions qui, si elles ne se bousculent pas dans les rayons de supermarchés, s'entrechoquent dans votre esprit perdu sur Amazon.

Tous ces présents trouveront-ils une utilité ou finiront-ils au fond d'une armoire, puis sur l'étal d'une brocante ? Face à cette déferlante consumériste, certains tentent de repousser le désordre d'objets qui encombrent nos vies. Ces minimalistes, comme on les appelle, se fixent un but : posséder le moins d’objets possible pour retourner à l’essentiel et retrouver une part de liberté.

Du zéro déchet à moins d'objets

C’est la démarche entreprise par Grégory Laurent. Ce Montois d’origine a travaillé pendant 10 ans dans le secteur bancaire avant de s’intéresser au mouvement "zéro déchet" popularisé par l’Américaine Bea Johnson. "J’aime le challenge. Je me suis dit que je voulais atteindre le zéro déchet le plus vite possible. En un mois j’avais toutes les habitudes qu’il fallait pour y parvenir. Ça fait depuis 2014 que tous mes déchets tiennent dans un bocal."

L’ex-banquier, qui partage conseils et expériences sur son blog leminimaliste.com, passe alors à la vitesse supérieure. Aujourd’hui, il estime qu’il possède moins de 100 objets. Un travail qui passe aussi par une réduction de sa garde-robe. Son choix est vite fait : plutôt que d'accumuler 10 t-shirts de basse qualité à 10 euros, il préfère mettre le prix pour quelques vêtements haut de gamme qui tiendront plus longtemps.

Tendance très populaire au Japon, le minimalisme a plusieurs maîtres. Parmi eux : Fumio Sasaki. Son livre "Goodbye things" a conquis le monde depuis sa sortie en anglais en avril 2017. Dans une vidéo publiée sur YouTube (à voir ci-dessous), il expose ses quelques habits dans son appartement presque vide.

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300 choses maximum, lit compris

"Les bienfaits apportés par le fait de posséder peu de choses surpassent le besoin de posséder beaucoup de choses", affirme Fumio Sasaki à CNA Insider. L’homme estime qu’il ne vit plus qu'avec 300 choses (un inventaire qui comprend jusqu'à son mobilier). Un changement radical d'attitude pour cet ancien matérialiste compulsif qui a collectionné pendant des années les livres et les DVD, au point de ne plus pouvoir poser le pied dans son appartement.

Judith Crillen, auteure du blog mamansorganise.com, est dans le même état d’esprit. Même si sa démarche n’est pas aussi radicale que celle de Fumio Sasaki. Début 2017, cette mère de deux enfants installée à Ittre publiait "Minimalisme : la quête du bonheur et de la liberté par la simplicité". Soit le résultat d’un déclic survenu il y a 10 ans, après la naissance de son deuxième enfant. A l’époque, "débordée dans [son] quotidien", elle entame le désencombrement de sa maison.

Mais l’étape la plus marquante pour elle sera la mise en place du "30-Day Minimalism Game", un défi mis au point par Joshua Fields Millburn et Ryan Nicodemus, les réalisateurs d’un documentaire sur le minimalisme sorti en 2016 (bande-annonce à voir ci-dessous. Le film est disponible en intégralité sur Netflix).

"Ça se déroule sur 30 jours. Le premier jour on se sépare d’un objet, détaille Judith. Le deuxième jour, on en abandonne deux. Et ainsi de suite jusqu’à la fin du mois. On l’a fait plusieurs mois d’affilée. Mon mari s’est pris au jeu. Tous les quatre, on s’est entraidés pour faire sortir des objets de la maison pendant plusieurs mois d’affilée. Au final on avait 500 objets en moins."

Il y a les objets… et puis il y a internet, les réseaux sociaux, les messages sur WhatsApp. Grégory Laurent lutte aussi sur ce terrain-là. "Je ne suis sur aucun réseau social". Sa seule présence en ligne, c’est son blog. La règle "quand un objet rentre, il faut qu’un autre objet sorte" s’applique aussi à sa boîte mail. "Quand j’ai un message, je le traite directement puis je le supprime."

Less is more

Pour les minimalistes, le mot d’ordre pourrait être "less is more" (à traduire dans ce cas-ci par "le moins est le mieux"). Posséder peu libère de l’espace (forcément), mais aussi du temps… en ce compris du temps de cerveau disponible. Fumio Sasaki en est certain : "Au fur et à mesure que vous sélectionnez et réduisez le nombre d’objets que vous possédez, vous vous comprenez mieux. Vous savez mieux ce qui est vraiment important pour vous."

Grégory confirme cette impression qu'il ressent dans sa vie quotidienne. "Je me suis concentré sur l’essentiel : le présent et l’avenir. J’ai davantage de liberté, de temps pour ma famille et mes amis ou pour faire du sport."

"Un bienfait monumental dans le minimalisme, c’est la liberté, conclut Judith. Tout est tellement plus simple et plus rapide qu’on en ressent une grande liberté de mouvement et de décision."

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