La procureure fédérale requiert 20 ans de prison à l'encontre d'Abdeslam et Ayari

Dans son réquisitoire au procès de la fusillade de Forest, la procureurs fédérale Kathleen Grosjean a commencer lundi par indiquer que, selon elle, les poursuites étaient bel et bien recevables, contrairement à ce qu'a avancé Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam, qui avait soulevé une question au sujet de l'emploi des langues. Les parties civiles sont sur la même longueur d'ondes à ce sujet.

Les faits reprochés à Salah Abdeslam et Sofien Ayari ne sont pas correctionnalisés sur base de la loi pot-pourri, mais bien sur base de la réforme de la cour d'assises de 2009, a poursuivi le procureur fédéral. La décision de la Cour constitutionnelle d'en annuler certaines dispositions n'a donc pas d'influence dans ce cas, estime-t-elle.

Quant à l'ampleur de la peine, le représentant du ministère public a souligné que les faits relevaient de l'article 137, soit l'assassinat terroriste. Même pour Salah Abdeslam, qui est en état de récidive, la peine maximale requise sera de 20 ans, a précisé Kathleen Grosjean.

Pas crédible

Elle a ensuite entamé un long récit de la fusillade survenue rue du Dries, le 15 mars 2016. Le fait que seul Mohamed Belkaid ait ouvert le feu sur les policiers, comme le soutient Sofien Ayari, n'est pas crédible, selon elle. Pour la procureure, c'est lui qui est l'autre tireur auquel ont été confrontés les policiers.

Les deux fusils d'assaut utilisés lors des échanges de tirs entre les occupants de l'appartement de la rue du Dries et les forces de l'ordre sont des "armes de guerre" qui nécessitent d'être tenues à deux mains, a souligné la procureure. Elle estime qu'il n'est dès lors pas possible qu'un seul homme ait utilisé les deux fusils. En outre, la version de Sofien Ayari ne correspond pas à ce qu'ont vu les agents qui sont intervenus, à savoir un homme avec une arme, a ajouté Kathleen Grosjean.

Le jour des faits, huit policiers de l'équipe mixte belgo-française se sont présentés à la porte de l'appartement à 14h15 pour y mener une perquisition.

Tireur d'élite

Immédiatement pris pour cible alors qu'ils pensaient le logement vide, trois d'entre eux seront blessés dans ce premier échange de tirs. Peu avant 17h00, des grenades seront jetées dans l'appartement. Une heure plus tard, Mohamed Belkaid sera abattu par un tireur d'élite. Un incendie qui s'est déclaré à cause des grenades nécessitera l'intervention des pompiers. Une fois les flammes éteintes, le corps de Mohamed Belkaid sera retrouvé. A côté de lui se trouvait un fusil mitrailleur qui a été utilisé pour tirer à douze reprises. Huit autres chargeurs seront retrouvés dans une armoire. Au total, 21 douilles seront découvertes dans l'appartement et sur le palier.

Pour la procureure fédérale, peu importe qui a tiré, tous les trois sont coauteurs des faits. Les prévenus avaient parfaitement conscience qu'ils étaient en train de commettre des faits d'assassinat. Elle demande de prononcer le maximum de la peine prévue, soit 20 ans, à charge des deux prévenus. Elle  demande également une peine de sûreté fixée à deux tiers de la peine, soit 13 ans.

Peine de sûreté

Entre les deux échanges de tirs, Salah Abdeslam et Sofien Ayari se sont enfuis par la porte arrière de l'appartement, qui donne sur le toit d'une habitation. Cette échappée peut être fixée à 14h30 grâce à une vidéo filmée par un témoin, qui précisera que l'un des fuyards était barbu et armé. Les deux hommes pénétreront dans une habitation pour sortir par la porte d'entrée. Leur fuite, à pied, passera ensuite par Anderlecht, Molenbeek et Koekelberg, selon les bornes activées par leur GSM. L'arme qu'ils avaient emmenée sera retrouvée dans un bâtiment proche de la rue du Dries. Cette arme, qui a été utilisée pour tirer huit coups, portait l'ADN de Sofien Ayari.

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