La prise de sang pour dépister la trisomie 21 durant la grossesse, un test superflu?

La prise de sang pour dépister la trisomie 21 durant la grossesse, un test superflu?
La prise de sang pour dépister la trisomie 21 durant la grossesse, un test superflu? - © BERTRAND LANGLOIS - AFP

Une simple prise de sang suffit aujourd'hui pour dépister la Trisomie 21 durant la grossesse et depuis un an et demi, ce test est remboursé pratiquement intégralement. Avant, les femmes enceintes devaient débourser aux alentours de 300 euros.

En 2018, les mutualités chrétiennes auront remboursé, selon les projections, aux alentours de 35 000 tests contre 20 000 en 2017. Cette prise de sang semble donc se généraliser. De quoi surprendre parfois certaines femmes enceintes.

C'est le cas de Christine, 32 ans. Il y a quelques mois, elle a donné naissance à un troisième petit garçon. A 12 semaines de grossesse, elle a passé une échographie morphologique. Les résultats étaient bons: il n'y avait pas de suspicion de trisomie. Pourtant, son gynécologue lui a conseillé de faire une prise de sang supplémentaire.

"Je pense que j'étais à un risque sur 10.000 et mon gynécologue m'a dit que maintenant c'était remboursé pour tout le monde et que, lui, par prévention, il le faisait pour toutes ses patientes", explique Christine.

Une analyse plus fiable

Une prise de sang superflue ? Pas du tout pour la cheffe du service de gynécologie au CHR Mons-Hainaut. Pour Pascale Grandjean, l’analyse est beaucoup plus fiable que la simple clarté nucale, c'est-à-dire l’examen effectué sur la nuque du futur bébé durant l’échographie. 

Avec la clarté nucale, "on a un certain taux d'assurance qu'il n'y a pas de malformation génétique de type trisomie 21 mais ce n'est pas une fiabilité à 99%", explique Pascale Grandjean.

Avec la prise de sang, c'est 99 % de fiabilité contre 60 % environ  par la simple clarté nucale. Pour Pascale Grandjean, les erreurs de diagnostic sont aussi moins élevées, le nombre d’amniocentèses non nécessaires aussi. Ces ponctions de liquide amniotique peuvent en effet provoquer des fauches couches.

Selon le professeur Frédéric Debieve, spécialisé dans le suivi des grossesses à risque, les médecins pratiquent 5000 amniocentèses de moins par an depuis que cette prise de sang est remboursée. 

Un remboursement qui a un coût: une enveloppe de 15 millions d’euros par an est prévue pour l'assurer.

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