La PREP et le TPE: ces traitements préventifs qui permettent d'éviter la contraction du SIDA

On traite déjà tous les patients qu'on dépiste, quand ils prennent bien leur traitement, le virus devient indétectable, ils ne peuvent plus contaminer quelqu'un d'autre. Mais aujourd'hui, en Belgique, on ne le sait pas assez, il y a en plus deux traitements préventifs qui sont remboursés. Ils permettent d'éviter des contaminations avant même des rapports sexuels : la PREP (pré-exposition) ou tout juste après, le TPE (post-exposition).

La PREP est un traitement préventif contre le VIH qui permet d'éviter à plus de 90% d'être contaminé. Il est à prendre tous les jours pour les femmes, et peut être pris à la demande chez les hommes, deux heures minimum avant, puis deux jours après un rapport sexuel risqué.

Une des nouvelles armes contre ce virus 

Mais le traitement remboursé depuis un an en Belgique reste encore trop méconnu. Les infirmiers de l’asbl SIDA SOL qui dépend du CHU de Liège vont à la rencontre des publics à risques : "Des hommes qui ont des relations avec des hommes, des migrants, des personnes précarisées, nous explique Simon Englebert, infirmier licencié en santé publique (asbl SIDA SOL). Et on va dans les lieux où ils se rencontrent, parkings d’autoroutes, bars, sauna… "

Lors du dépistage et à la consultation ensuite, Simon Englebert propose ce traitement à ceux qui sont plus particulièrement exposés : "Il s’agit d’une association de deux anti-rétroviraux contre le VIH et qui permet, quand il est pris correctement, d’empêcher la contamination même lors d’un rapport non protégé". Il y a bien sûr des règles : il faut entre autres le feu vert d'un infectiologue issu d'un des onze centres de référence SIDA du pays.

Ça, c'est pour se protéger avant un rapport sexuel à risque, mais il existe aussi un médicament à prendre juste après : le TPE, une sorte de pilule du lendemain contre le VIH. En théorie, ces pilules sont disponibles dans les services d'urgence des hôpitaux. Mais parfois, obtenir un TPE peut être compliqué. Un jeune homme que nous appellerons Pierre témoigne :

"Après une nuit chaotique avec plusieurs partenaires sans préservatifs, je suis allé le lendemain matin aux urgences d'un grand hôpital liégeois pour avoir un TPE.  Le personnel à l’accueil et aux urgences ne connaissait pas le traitement (...) J’ai dû leur expliquer ce qui m’était arrivé. Une infirmière m’a demandé si l’homme avec qui j’avais couché avait le Sida. Je n’en sais rien mais je ne veux pas qu’on me pose cette question en pleine salle d’attente. Je n’ai pas vu l’infectiologue, il a tout fait par téléphone. Il a refusé de me donner le traitement parce qu’il estimait que les risques pris n’étaient pas suffisants". 

Il tient bon et se rend dans un deuxième hôpital. Là, il reçoit enfin avec quelques heures de retard, les quatre premières pilules. L’histoire se termine bien.

S’agit-il d’une méconnaissance ou d’un jugement moral? Une chose est sûre : ces traitements préventifs ne feraient peut-être pas l'unanimité dans le corps médical.

Éradiquer le VIH dans les prochaines années

Au-delà des tabous liés à la problématique sexuelle, il y a surtout une question de santé publique. Pour la première fois, les contaminations au VIH diminuent. Même les pionniers de la lutte contre le SIDA en Belgique se prennent à rêver. "Avec ce traitement pour tout le monde, la PREP, le TPE, avec tous ces moyens et bien sûr le dépistage et le préservatif, explique Agnès Libois, infectiologue à la "S Clinic" du CHU Saint Pierre. L’idée , c’est d’éradiquer le VIH dans les prochaines années".   

En attendant, dans la communauté Gay, la PREP a de plus en plus tendance à remplacer le préservatif avec un risque réel car les autres maladies sexuellement transmissibles, elles, sont en augmentation.

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