La pratique du sport est-elle compatible avec la pose d'une prothèse artificielle?

La pose de prothèse pour remplacer une articulation usée ou douloureuse est de plus en plus fréquente. Hanche, genou voire épaule ou poignet, les possibilités sont nombreuses. En Belgique, ces opérations se multiplient. Mais quel est leur taux d’efficacité ? Et la vie avec ces prothèses est-elle compatible avec la pratique du sport ?

De quoi s’agit-il?

Le processus de remplacement d’une articulation malade se nomme l’arthroplastie. "Lorsque vous avez les parties cartilagineuses, à savoir les extrémités des os qui s’articulent entre elles, qui sont usées, on en pratique l’excision et on utilise une pièce prothétique, le plus souvent en titane, polyéthylène ou céramique, qui remplace l’articulation usée avec la même forme", explique le Docteur Daniel Paulet, chirurgien orthopédiste au CHIREC.

Le choix du matériau de l’implant dépend avant tout de l’âge et du sexe du patient, de ses caractéristiques morphologiques et de son taux d’activité. Chaque cas est bien sûr différent et plusieurs facteurs comme la douleur ou une gêne fonctionnelle importante sont pris en compte avant que l’opération ne soit envisagée.

La mise en place d’une prothèse par un chirurgien est effectuée lorsque les autres traitements médicaux comme des anti-inflammatoires se révèlent être des échecs. Des pathologies comme l’arthrose (une déformation des articulations) ou des fractures peuvent entraîner ce genre d’opération. "En cas d’échec de ces traitements conservateurs comme la kiné ou des antalgiques, on va utiliser un traitement chirurgical où l’on va remplacer certaines parties de l’articulation par des pièces métalliques", explique le Docteur Jérôme de Mulder, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la chirurgie du genou à l’Hopital Delta de Bruxelles.

Les objectifs de cette opération sont simples : soulager les douleurs que peut éprouver un patient mais aussi lui permettre de retrouver une meilleure mobilité dans le but de reprendre des activités autrefois impossibles. Dans ce qui se pratique en chirurgie orthopédique, l’arthroplastie est l’une des procédures les plus fiables qui existe et les techniques se sont particulièrement affinées, de sorte qu’aujourd’hui, quasiment toutes les articulations peuvent être concernées par ce genre de procédure.

Quelle vie après la pose d’une prothèse?

De plus en plus de personnes n’hésitent d’ailleurs plus à se faire opérer d’une prothèse de genou ou de hanche pour améliorer leur qualité de vie et éventuellement reprendre la pratique d’un sport. En Belgique, en ce qui concerne l’équipe du docteur Paulet et celles du CHIREC, ce sont environ 1000 opérations par an qui sont effectuées. Il s’agit donc d’une opération devenue très courante.

Si elle se généralise, ce type d’opération n’est toutefois pas à prendre à la légère selon Daniel Paulet. "On a tendance à banaliser cette intervention ces dernières années mais je considère que cela reste une grosse opération car l’on commet un acte irréversible, dans le sens où l’on enlève une articulation à quelqu’un. Quand tout se passe bien, dans la majorité des cas, c’est formidable mais s’il y a des complications, cela peut vite devenir la misère."

En fonction de l’articulation concernée, hanche ou genou par exemple, les temps de rééducation sont différents. "En ce qui concerne la hanche, on retrouve assez rapidement, en quelques semaines généralement, une fonction assez normale même sans rééducation particulière. Pour le genou, c’est un peu plus long et plus compliqué. Cela dépend de la nature sportive du patient. Il faut compter quelques semaines de rééducation plus intensives et plusieurs mois avant de retrouver une fonction tout à fait normale."

Pour les personnes qui ont subi une opération de la hanche, les résultats sont généralement impeccables et permettent donc de retrouver les mêmes sensations qu’avant l’intervention. Selon Daniel Paulet, la pratique du sport est donc largement envisageable. "On peut absolument retrouver une pratique du sport après avoir été opéré. J’ai des patients qui font du ski, du kitesurf, de la moto, du vélo,…"

Benoît Thieffry est un grand sportif. A 65 ans, il continue de pratiquer du vélo, de l’alpinisme ou de la randonnée. Il y a 6 ans, il s’est fait poser une prothèse au genou, lorsque des douleurs sont apparues, et ne le regrette absolument pas. "L’opération s’est très bien passée. Ça m’a juste bloqué deux jours à l’hôpital. Trois semaines après, je refaisais du vélo et bien d’autres choses encore. On réfléchit toujours avant l’opération mais si c’était à refaire, je le referais sans hésiter."

En ayant essayé tous les recours possibles, il s’est rapidement rendu compte qu’il s’agissait de sa dernière option. Pour lui, la réhabilitation s’est déroulée très rapidement. "Je ne peux qu’encourager les gens qui hésitent à avoir recours à ce genre d’opération, c’est vraiment un remède miracle", explique-t-il.

Depuis, Benoît Thieffry a eu l’occasion de grimper le Mont-Blanc et envisage d’avoir une nouvelle opération au genou droit. "Si je ne l’avais pas fait, j’aurais clairement dû arrêter mes activités. Aujourd’hui, je reste sur le terrain comme avant."

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