La police allemande préfère le Malinois au berger allemand

Berger malinois
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Berger malinois - © BigAl81 (flickr)

Cela peut paraître anecdotique et pourtant cela a créé un tollé en Allemagne. Le sujet qui fait polémique, c'est le choix de la police allemande de travailler de moins en moins avec les bergers allemands et de leur préférer des bergers belges, plus précisément des Malinois. Certains y voient un symbole national qui disparaît.

Fiers, racés, ils sont pourtant délaissés. Parce qu'elle peine à recruter des bergers allemands, la police d'une région de l'Ouest de l'Allemagne remplace progressivement ses chiens par des bergers belges et plus précisément des berges malinois. Tollé du journal allemand populaire Bild.

Plus rapides, plus robustes, moins chers à l'achat et un meilleur instinct de chasse, pour la police allemande, le Malinois a fait ses preuves. Face à la concurrence belge, le bon vieux berger allemand est sur la défensive. En Rhénanie, le land le plus vaste du pays, 281 Malinois épaulent les forces de l'ordre contre 26 bergers allemands. "Un chien de police doit faire preuve de courage et de détermination et défendre son maître dans les situations critiques, insiste Günter Bonke, spécialiste du dressage au sein de la police allemande. Autant de qualités dont font preuve les Malinois au sein de nos élevages."

En Allemagne, l'affaire, attisée par la presse populaire fait grand bruit. Le berger allemand reste l'animal de compagnie préféré des familles, loin devant le caniche et le labrador, mais la natalité s'effondre avec 14 500 naissances l'an passé, deux fois moins qu'en 2000.

En Belgique aussi on retrouve cette préférence pour le berger malinois

La preuve par la rencontre avec un maître-chien de la police de Verviers.

Entre berger allemand et berger malinois, le cœur des maîtres-chiens de la police ne balance plus vraiment : c'est le Malinois qui a la cote. Pourquoi ? C'est ce qu'explique l'inspecteur Jean Liégeois.  Il est maître-chien depuis 22 ans à la zone de police Vesdre.

"On choisit un chiot ou bien un chien de dix, onze mois en fonction du caractère du chien. Donc, un chien volontaire qui aime souvent jouer pour apprendre plus vite et qui sait passer toutes les épreuves, c'est-à-dire les coups de feu, savoir résister à des bagarres assez fortes et on part souvent vers le berger malinois parce qu'on ne trouve plus si souvent des très bons bergers allemands. Dans le temps, on avait de bons bergers allemands avec une morphologie beaucoup plus carrée, un peu plus petits mais beaucoup plus physiques. Maintenant on en a fait souvent des chiens de salon, c'est-à-dire aussi dans le caractère."

A Verviers, sur 6 chiens, il n'y a qu'un seul berger allemand, et il sera bientôt pensionné. A la brigade canine de Liège, on dénombre 7 chiens de chaque type. La sélection du chien, c'est aussi une question de feeling.

"Il faut qu'on sente le chien quand on le voit. On peut en faire un ami, un compagnon de travail et alors à ce moment-là, on développe, on éduque, et souvent ça fait une bonne équipe. Sur dix Malinois on peut trouver sept, huit chiens qui peuvent convenir pour le travail de police, alors que maintenant, avec les élevages de bergers allemands, quand on en trouve un ou deux on est déjà bien content. 

Mais berger allemand ou malinois, quand ils aboient, cela ne donne pas envie d'aller à l'affrontement.

 

Nathalie Versieux à Berlin et Olivier Thunus


Tout savoir sur les bergers belges

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