La physicienne Faouzia Charfi: "Le sommet sur la pédophilie aura un impact sur d'autres religions"

La physicienne Faouzia Charfi : « Le sommet sur la pédophilie aura un impact sur d’autres religions »
La physicienne Faouzia Charfi : « Le sommet sur la pédophilie aura un impact sur d’autres religions » - © Tous droits réservés

Physicienne, auteure et ancienne Secrétaire d’État tunisienne, Faouzia Charfi est l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 23 février sur La Première et ce dimanche 24 février sur La Trois. Elle est l’une des invitées du festival « La religion dans la cité » à Bruxelles.

Faouzia Charfi est l’une des oratrices du festival « La religion dans la cité ». Il se déroule à Flagey, à Bruxelles, ce vendredi 22 et samedi 23 février. Plus de 50 femmes y prennent la parole et y débattent. Il s’agit d’une agora citoyenne ponctuée de débats, de conférences ou de lectures.

Le corps et la religion

Parmi les intervenantes, on retrouve l’ancienne Garde des Sceaux française, Christiane Taubira. En marge de sa participation, elle déclarait dans les colonnes du Soir que « si les religions étaient friandes de querelles entre elles, elles s’entendent sur un imperium masculin et sur des interdits multiples et récurrents frappant le corps des femmes ».

Aux yeux de Faouzia Charfi, quelle est la source de cet interdit ? « C’est le rapport à la sexualité. Le besoin de suprématie de l’homme aussi, dans toutes les sociétés. La religion apporte un cadre qui va limiter la liberté des femmes. La religion est la continuité aussi du patriarcat, elle l’a instrumentalisé. La seule chose qui permet d’en sortir, c’est le droit. Tant qu’il demeure, un retour en arrière reste impossible », assure-t-elle.

La pédophilie

Faouzia Charfi est amenée à s’exprimer sur un autre point de l’actualité. Le Pape François mène jusqu’à dimanche un sommet inédit au Vatican sur les agressions sexuelles dans l’Église catholique. Il réclame des mesures concrètes et efficaces pour lutter contre les agressions sexuelles dans son institution.

« C’est un acte très important », commente Faouzia Charfi. « L’autorité supérieure de l’Église s’exprime de manière claire, cela pourra même avoir des conséquences dans d’autres pays sur les autorités religieuses d’autres confessions. Il y a des violences et des violences sexuelles envers les enfants dans tous les pays. Le plus important est sans doute que les enfants seront mieux écoutés et mieux considérés, à l’avenir ».

Elle a dit

Sur les actes antisémites survenus en France la semaine dernière : « Je sens la montée de l’antisémitisme, il faut le dire et je le regrette beaucoup car je le vois dans les pays arabes. Mais l’important, c’est qu’il y a des voix pour le dénoncer »

A propos de l’antisionisme : « L’antisémitisme et l’antisionisme sont deux choses différentes à mon sens. Car l’antisionisme n’est pas lié au racisme, pour moi »

Sur la question israélo-palestinienne : « Pour un Palestinien, la vie est infernale. Je ne suis pas dans la victimologie, mais dans le respect de l’autre. Il y a deux parties »

Sur la relation entre science et religion : « L’Islam a chassé la rationalité et les sciences des pays arabes et du Maghreb »

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