"La phase 2B, ce n'est quasiment plus aucune activité hospitalière autre que soigner les patients Covid"

Tous les hôpitaux du pays passent en phase 2A dès aujourd’hui, ce qui signifie que 60% des lits en soins intensifs sont désormais réservés pour les patients Covid. Certains hôpitaux ont déjà été contraints d’entrer dans cette phase il y a plusieurs jours.

C'est le cas notamment pour Philippe Peetrons, médecin-chef des hôpitaux Iris Sud à Bruxelles, et  Sylvie Brichard, administratrice déléguée de la clinique Notre-Dame-de-Grâce à Gosselies, dans le Hainaut: "Nous avons commencé la phase 2A juste avant le week-end, explique Philippe Peetrons, mais nous en étions déjà très proches depuis deux ou trois semaines, puisque nous avions une occupation aux soins intensifs qui était déjà à 50% depuis plusieurs semaines. Et ce matin, officiellement, nous avons donc ajouté quelques lits supplémentaires pour ouvrir cette phase 2A et avoir 60%, plus encore 15% de lits de réserve, qui sont des lits en plus de notre occupation normale de soins intensifs. Nous sommes passés de 20 à 23 lits aujourd’hui".i les deux mois qui suivent".

La conséquence est que des interventions vont être postposées: "On continue les consultations comme avant, mais certaines interventions seront postposées, certainement celles qui passent par les soins intensifs après la phase opératoire. Celles-là sont annulées et reportées. Et nous travaillons aussi avec beaucoup moins de salles d’opération qu’avant, puisqu’on a besoin de personnel pour ces lits supplémentaires. Un patient qui a le Covid est très souvent un patient qui est vraiment en détresse et qui demande une très grande attention. Vous savez par exemple que pour le retourner, ce que vous voyez parfois sur les images télévisées, ça prend à peu près cinq personnes pendant une heure. On a donc vraiment besoin de beaucoup de force dans les soins intensifs".

Il y a désormais 865 patients Covid en soins intensifs, mais "ce que nous voyons depuis la fin de la semaine passée, c’est plutôt une stagnation, témoigne Philippe Peetrons. Donc, on espère vraiment que les mesures qui ont été prises avant les vacances puissent faire leur effet pendant cette semaine et la semaine prochaine, la deuxième semaine de Pâques, et arriver à cette stagnation. Sinon, la phase 2B, ce n’est vraiment quasiment plus aucune activité hospitalière, autre que soigner les patients qui ont le Covid".

Ça devient très long pour les personnel hospitalier: "On n’est plus sûr qu’on va se retrouver le matin à l’endroit qu’on connaît bien et on est obligé d’apprendre autre chose, que ce soit du côté médical où on demande à des médecins qui ne sont pas des intensivistes de venir aider, et surtout du côté infirmier où on demande à des infirmières de polycliniques ou à des infirmières des urgences ou des salles d’opération de monter aux soins intensifs où elles ne se sentent pas tout à fait à l’aise. C’est très dur psychologiquement pour elles de se retrouver dans une ambiance anormale pour elles."

Le massage que voudrait faire passer Philippe Peetrons, c'est qu'"une crise est un défi. Et ici, c’est un défi pour tous. Et pour surmonter un défi, il faut être unis. Il faut être unis, il faut tous aller dans le même sens et il faut remettre cette balance entre, d’un côté, la vaccination à tour de bras et à vitesse démultipliée des plus âgés et, de l’autre côté, le respect de certaines règles pour ceux qui peuvent propager le virus, qui sont les plus jeunes, et qui n’en souffrent pas, comme ils le disent eux-mêmes. Il faut trouver un équilibre jusqu’à ce que les gens qui sont protégés gagnent sur les gens qui ne sont pas protégés et arriver tous ensemble au même niveau. Donc oui, il y a moins de propagation du virus en plein air, c’est certain, mais non, on ne doit pas enlever les masques pour se parler en plein air. Oui, il y a un effet très bénéfique de la vaccination et il faut aller très vite et vacciner le plus de gens possible d’ic

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