La peste a fait son retour en RDC : l'état des lieux de la maladie dans le monde

Plus de 500 personnes infectées et une trentaine de morts. Ce bilan, communiqué il y a quelques jours par l’AFP, porte sur l’apparition de cas de peste dans le nord-est de la République démocratique du Congo. Un bilan qui s’étale sur plusieurs mois, qui concerne des cas de pestes buboniques et pulmonaires et qui est confirmé par les autorités locales.

Alors que le monde a les yeux rivés sur la pandémie de coronavirus, non, la peste n’est pas une maladie totalement éteinte. Les pandémies n’appartiennent pas qu’aux 17e, 18e et 19e siècles. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 3248 cas ont été recensés entre 2010 et 2015 et près de 50.000 cas entre 1990 et 2020. Etat des lieux.

De quoi parle-t-on ?

La peste est provoquée par la bactérie Yersinia pestis, transmise entre animaux par les puces. Elle est transmise à l’être humain par "la piqûre de puces vectorielles infectées ; un contact non protégé avec des fluides corporels infectieux ou des matières contaminées ; l’inhalation de gouttelettes respiratoires d’un patient atteint de peste pulmonaire", explique l’OMS.

La peste est une maladie "très grave" chez l’homme. Les formes les plus graves (mortelles dans 30 à 100% des cas si elles ne sont pas traitées) sont les formes septicémiques (infection causée par des bactéries circulant dans le sang) et pneumoniques. "La forme pneumonique est invariablement mortelle à moins d’être traitée tôt. Elle est particulièrement contagieuse et peut déclencher de graves épidémies par contact de personne à personne via des gouttelettes dans l’air."

Quelles différences entre pestes bubonique et pulmonaire ?

Il existe deux formes de peste : la bubonique et la pulmonaire. "La peste bubonique est la forme la plus courante de peste et est causée par la piqûre d’une puce infectée. Le bacille de la peste, Y. pestis, pénètre dans la morsure et se déplace à travers le système lymphatique jusqu’au ganglion lymphatique le plus proche où il se multiplie."

L’inflammation débute. "Le ganglion lymphatique devient alors enflammé, tendu et douloureux", ajoute l’OMS. L’inflammation porte le nom de bubon.

Si l’infection est à un stade avancé, les ganglions enflammés peuvent se transformer en plaies ouvertes remplies de pus. "Dans 20 à 40% des cas, le bubon suppure et le malade guérit après un temps de convalescence assez long", note l’Institut Pasteur. "La transmission interhumaine de la peste bubonique est rare. La peste bubonique peut progresser et se propager aux poumons, qui est le type le plus grave de peste appelé peste pneumonique", enchaîne l’OMS.

La peste pneumonique est la plus virulente des deux. On l’a dit : "Toute personne atteinte de peste pulmonaire peut transmettre la maladie par gouttelettes à d’autres humains." La peste pneumonique n’est pas mortelle si elle est prise en charge très tôt, dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes.

Quels signes, quels symptômes ?

La période d’incubation est d’un à sept jours. Frissons, maux de tête, gonflement des ganglions, fatigues musculaires, vomissements, nausées : tels sont les symptômes de la peste chez l’être humain.

Quels traitements, quelle prévention ?

Le patient est soigné au moyen d’antibiotiques. "La chimioprophylaxie au moyen de tétracyclines ou de sulfamides ou fluoroquinolones, administrée précocement, est en général d’une très bonne efficacité pour l’entourage immédiat des sujets atteints de peste", note cette fois l’Institut Pasteur.

Enfin, il est conseillé aux personnes se rendant dans des zones concernées par une endémie de peste de se protéger contre les piqûres de puces (à l’aide de répulsifs), de ne pas manipuler des carcasses d’animaux et d’éviter tout contact avec les personnes infectées.

Dans quels pays sont localisés les cas de peste ?

Les 50.000 cas enregistrés entre 1990 et 2020 étaient localisés dans 26 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. "L’Afrique subsaharienne est actuellement la partie du monde la plus touchée, avec la République démocratique du Congo, l’Ouganda et surtout Madagascar qui est le pays qui recense le plus de cas humains de peste au monde (entre 250 et 500 cas par an)", relève l’Institut Pasteur.

"En Asie, les foyers les plus actifs sont en Chine. En 2020, des cas ont été recensés également en Mongolie. Sur le continent américain, le principal foyer se trouve au Pérou mais les Etats-Unis ne sont pas épargnés : des cas autochtones de peste humaine sont rapportés chaque année sur la côte ouest dans ce pays. Aucun cas de peste n’a été signalé récemment en Océanie ou en Europe. En France, les derniers cas survenus datent de 1945 en Corse."

En juillet 2020, l’OMS a diffusé une alerte concernant l’apparition de cas en RDC, dans la province de l’Ituri. "Le premier cas, une fille de 12 ans, a été signalé à un centre de santé local le 12 juin, souffrant de maux de tête, de fièvre, de toux et d’une hypertrophie des ganglions lymphatiques", rapporte l’OMS. "Elle est décédée le même jour et d’autres décès de la communauté dus à des cas présumés de peste ont été signalés par la suite."

Dans cette région du monde, les cas de peste sont fréquents. Plus de 60 cas ont été signalés entre janvier et juin 2020, en pleine pandémie de coronavirus, contre 10 cas et cinq décès au cours de la même période en 2019.

En 2017, plusieurs centaines de cas étaient recensés sur l’île de Madagascar et aux Seychelles.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK