La pénibilité du travail a des effets à long terme sur la santé

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De nombreuses études scientifiques montrent les effets à long terme de la pénibilité du travail sur la santé et devraient être prises en compte dans le projet de loi sur les retraites en France.

C'est ce que déclare une association spécialisée dans les recherches épidémiologiques sur la santé et le travail.

Alors que le débat se poursuit au Sénat sur la réforme des retraites, "des études, nombreuses et convergentes, établissent déjà l'ampleur des effets à long terme des contraintes ou nuisances professionnelles sur la santé", explique dans un communiqué l'Aderest (Association pour le développement des études et recherches épidémiologiques sur la santé et le travail), qui regroupent des chercheurs, des médecins du travail, des enseignants, etc.

Sur ce sujet, "des synthèses ont été élaborées ces dernières années et diffusées par divers organismes", comme l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l'Institut de veille sanitaire (InVS), le Centre d'études de l'emploi (CEE), ou l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), ajoute l'Aderest.

L'association souligne notamment que "le rôle néfaste pour l'espérance de vie en bonne santé de l'exposition à des toxiques cancérigènes, du travail de nuit et des efforts physiques importants est maintenant acquis sur un plan scientifique".

"Ces effets se manifestent, pour une grande part, après la fin de la vie professionnelle", et "leur évaluation ne peut donc relever d'un examen médical au moment de la retraite", ajoute l'Aderest.

Le projet de loi sur les retraites prévoit notamment que les salariés qui, du fait d'une situation d'usure professionnelle constatée, ont un taux d'incapacité physique supérieur ou égal à 20% pourront continuer à partir à la retraite à 60 ans, contre 62 ans pour les autres.

Entre 10% et 20% de taux d'incapacité physique, le salarié pourra aussi partir à 60 ans, mais sous conditions: il faudra qu'il apporte la preuve qu'il a bien été exposé à des facteurs de risques professionnels et qu'il reçoive l'aval d'une commission.

L'Aderest a "pris acte des propos du chef de l'Etat et de membres du gouvernement, évoquant la création d'un comité scientifique pour progresser dans la connaissance des effets de certains facteurs de pénibilité +à impact différé+", mais juge "légitime que les connaissances scientifiques largement validées soient prises en compte dans les travaux législatifs en cours".


AFP

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