La pauvreté infantile au cœur des préoccupations du Sénat

Des acteurs de terrain en matière de pauvreté infantile ont été entendus par certains sénateurs avant la rédaction d’un rapport d’information en commission. Parmi les invités il y avait le réseau wallon de lutte contre la pauvreté, mais aussi des représentants des trois régions de CPAS. Pour la présidente du CPAS de Schaerbeek, il serait illusoire de vouloir résoudre la pauvreté infantile sans s'attaquer à la pauvreté des parents. Par ailleurs, sortir de la pauvreté se construit dès la plus tendre enfance.

Si on se réfère aux derniers chiffres de l'UNICEF en 2014, un enfant sur dix souffre de la pauvreté en Flandre, près de trois sur dix en Wallonie, et quatre enfants sur dix sont concernés à Bruxelles. Les acteurs de terrains sont unanimes : tout comme la pauvreté en général, la pauvreté infantile en particulier continue à s'accentuer.

Pour Dominique Decoux, présidente du CPAS de Schaerbeek, "La pauvreté des enfants ne diminue pas plus que la pauvreté des parents". A travers les visites à domiciles, les services sociaux constatent souvent que des familles avec enfants vivent dans des conditions de surpopulation, dans des logements presque insalubres qui peuvent avoir des conséquences sur la santé.

Il faut casser le cercle vicieux de la pauvreté dès la petite enfance

Pour les sortir de la pauvreté, il faut tout d’abord prendre des mesures pour lutter contre la pauvreté de leurs parents. Mais les enfants ont aussi des besoins et des droits propres, comme l'accès aux soins de santé, à la crèche ou encore à la halte-garderie.

"J’entends trop souvent dire que puisque les parents ne travaillent pas, il n’y a pas de raison que les enfants aillent en crèche, en garderie ou en stage. Pourtant pour pouvoir avoir un certain nombre d’expériences et de savoir positif, les enfants ont besoin d’avoir accès à des services et activités", explique Dominique Decoux. Pour elle, les premières années sont fondamentales. "A la crèche par exemple, on a accès à la lecture pour une meilleure connaissance de la langue française, à la musique ou à toute une série de choses qui leur permettent une découverte du monde, auquel les parents eux-mêmes n’ont pas toujours eu accès. Il faut casser le cercle vicieux ".

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