La norme Euro 5 pour les deux-roues motorisés : faut-il reporter son achat à l'année prochaine ?

La norme Euro 5 pour les deux-roues motorisés: faut-il reporter son achat à l'année prochaine?
La norme Euro 5 pour les deux-roues motorisés: faut-il reporter son achat à l'année prochaine? - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Dans un an, le 1er janvier de l’année prochaine, les nouveaux deux-roues motorisés devront répondre aux exigences de la norme Euro 5, laquelle implique une réduction d’un tiers environ des émissions polluantes par rapport à la norme Euro 4. L’idée est de rendre nos véhicules moins polluants. Quelques modèles sont d’ailleurs déjà exposés au Salon de l’auto qui se tient actuellement sur le Plateau du Heysel à Bruxelles.

Sur les stands les clients sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à s’interroger sur la norme de leur modèle favori : "On voit quand même que le client est préoccupé avec cela. Cela joue. Il nous pose effectivement la question de savoir si nos modèles sont à la norme Euro 5", témoigne Dries De Weert, directeur marketing chez Yamaha.

Mais concrètement qu’est-ce que cette norme va changer pour le consommateur ?

"Au niveau de la consommation, cela va diminuer. Mais ils imposent des pots antipollution avec un coût de fabrication qui est multiplié par trois pour toutes ces normes Euro 5 et donc, cela se ressent sur le prix de la moto. Et le plaisir de conduite n’est plus savoureux car on entend plus la moto", explique Eric Lachambre, concessionnaire Suzuki.

Un changement de sonorité confirmé par Vincent Verhulsel, directeur des ventes chez Honda : "Je prends l’exemple de l’Africa Twin. Ici, en norme Euro 5, le bruit généré par le pot est un petit peu étouffé".

Pourquoi pas la norme Euro 6 comme pour les voitures ?

Alors que l’on parle de la norme Euro 5 pour les deux-roues motorisés, on est déjà à la norme Euro 6 pour les voitures. Est-ce que cela veut dire que les règles sont moins strictes pour les motos et scooters. Pas du tout selon Vincent Verhulsel : "Les normes motos et les normes voitures, ne sont pas du tout comparables parce que le calcul de l’émission CO2 n’est pas fait de la même manière entre les motos et les voitures. Donc, dire aujourd’hui qu’il y en a un qui consomme plus que l’autre, honnêtement, on ne peut pas comparer".

Notons qu’aujourd’hui encore les motos et scooters peuvent tous circuler dans les zones de basse émission, que ce soit à Bruxelles ou à Anvers par exemple. Mais en Région bruxelloise, une étude vient tout juste de commencer (les résultats sont attendus, théoriquement, pour la fin de cette année). Elle doit déterminer l’opportunité ou non d’interdire à l’avenir les deux-roues les plus polluants.

Pour l’instant, la manière dont les pouvoirs bruxellois vont s’y prendre pour mesurer les niveaux de pollution de ces deux-roues motorisés n’est pas encore définie. En attendant, à la Febiac, on se veut rassurant : "Ceux qui achètent maintenant un Euro 4, ou un même une des nouvelles Euro 5, cela ne posera pas de problème d’ici 10, 15, voire 20 ans", affirme Stijn Vancuyck, spécialiste des deux-roues à la Fédération Belge de l’Automobile et du Cycle.

Il rappelle d’ailleurs que le parc des deux-roues motorisés en Belgique représente seulement quelque 500.000 véhicules pour un parc automobile d’environ 7 millions de véhicules en Belgique.

Stijn Vancuyck ajoute également qu’il serait "logique qu’il n’y ait pas d’interdiction pour les motos car elles ne sont jamais à l’arrêt dans le trafic. Or, c’est quand le moteur tourne à l’arrêt qu’il y a le plus de pollution. Les motos sont aussi une des solutions pour fluidifier la mobilité à Bruxelles et surtout, sur les routes vers Bruxelles. Donc, interdire les motos, cela va aggraver les problèmes de mobilité à Bruxelles, ça c’est sûr !"

Enfin rappelons que c’est l’Europe qui définit les normes Euro. Elles varient en fonction de l’année de construction et figurent sur la carte grise du véhicule.

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