La mobilité " multimodale " loin de convaincre les Belges, selon une étude de la Febiac

Seul un Belge sur six pense que la multimodalité est une solution aux problèmes de mobilité.
Seul un Belge sur six pense que la multimodalité est une solution aux problèmes de mobilité. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

​​​​​​La « combi-mobilité », la mobilité combinée ou mobilité multimodale, c’est-à-dire la combinaison de différents moyens de transport pour se rendre du point A au point B, est, selon de nombreux experts, l’une des solutions pour faire face au phénomène de plus en plus présent des embouteillages.

Mais le Belge moyen est encore loin d’être convaincu, c’est ce qui ressort d’une enquête réalisée par la Febiac Automobile and Two-Wheeler Federation. Selon les résultats d’une étude réalisée par le bureau d’études Indiville auprès de 1007 Belges : seul un Belge sur six (18%) y voit une solution.

Près de la moitié (45%) des personnes interrogées ne voient aucun avantage à la multimodalité. Mais il existe une différence de perception en fonction de l’âge : les jeunes y croient davantage que les personnes âgées. Près de la moitié des jeunes de 18 à 30 ans pensent que la mobilité combinée peut aider à résoudre les embouteillages. Chez les plus de 30 ans, ce chiffre tombe à 34%.

Seulement 11% des navetteurs combinent avec les transports en commun

Le pourcentage de navetteurs qui utilisent la voiture en combinaison avec les transports publics est seulement de 11%, selon l’étude.

Un chiffre bas qui s’explique par un manque d’engagement de la part des employeurs, selon Luc Bontemps, directeur général de Febiac.

Mesures en des employeurs pour la mobilité de leurs travailleurs

Le directeur de la Febiac estime que les employeurs ont un rôle important à jouer pour stimuler la mobilité combinée de leurs employés. Selon plus de la moitié des travailleurs belges (56%), leur employeur ne prend aucune initiative en ce sens. Un quart d’entre eux prétend le contraire.

Parmi les mesures prises par les employeurs pour favoriser la mobilité multimodale de leurs employés, il y a par exemple : une indemnité pour les vélos, un abonnement gratuit pour le bus ou le train, l’accès à une voiture ou des vélos partagés.

Le Belge reste attaché à la voiture

Autre enseignement de cette étude : Le Belge reste très attaché à sa voiture. Sur le chemin du travail, sept Belges sur dix privilégient la voiture (60% leur voiture privée, 10% leur voiture de société). Le chiffre est seulement de 20% d’utilisateurs qui prennent l’autobus ou le tram, 18% privilégient le vélo.

La raison principale mentionnée pour expliquer l’usage massif de la voiture par 7 utilisateurs sur 10, c’est le manque d’alternatives. Des chiffres justifiés par 38% d’entre eux parce que cela prend plus de temps en autobus ou en train qu’en voiture. Un tiers d’entre eux considère également qu’il est pratiquement impossible d’utiliser les transports publics ou d’autres moyens de transport en raison du coût que cela représente ou parce qu’il estime qu’il n’a pas de bonnes correspondances avec les transports publics.

Appel aux pouvoirs publics pour favoriser la multi-modalité

« Je pense qu’il y a encore beaucoup de marge pour harmoniser davantage la diversité des moyens de transport qui existent dans notre pays et pour les combiner. Il est essentiel que les pouvoirs publics adaptent notamment l’infrastructure des routes et des parkings pour favoriser la combi-mobilité et la faciliter, notamment en prévoyant davantage d’aires de stationnement en périphérie à proximité des arrêts de bus ou de tram et en équipant les gares de parkings de qualité afin que les gens puissent facilement passer d’un moyen de transport à l’autre pour effectuer leur trajet jusqu’à destination », explique Luc Bontemps, administrateur délégué de la FEBIAC.

Plus d’un Belge sur trois (37%) estime qu’il pourrait contribuer à résoudre les problèmes de mobilité dans notre pays en réfléchissant davantage à la manière dont il se déplace. Un Belge sur quatre reste dubitatif.

Journal télévisé 21/01/2019

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