La médiation judiciaire: possible dans le cas de Michelle Martin?

Palais de justice de Bruxelles: et après le verdict?
Palais de justice de Bruxelles: et après le verdict? - © HERWIG VERGULT/Belga

L’actualité judiciaire de ces derniers jours nous amène à nous pencher sur un système mis en place dans notre pays pour aider les victimes, d’une part, et les auteurs de crimes et de délits de l’autre. Plus précisément, de nombreuses associations permettent aux parties d'un procès de se rencontrer dans un cadre sécurisé et accompagné par des professionnels. C’est ce qu’on appelle la "médiation judiciaire".

Dans le langage courant, la "médiation" consiste en une tentative de rapprocher des points de vue afin de régler un conflit. Elle peut également prendre plus simplement la forme d’une communication entre les auteurs et les victimes d’une infraction. Cette médiation-là permet à l’auteur de prendre conscience des conséquences de son acte, par exemple en matière de vandalisme.

Thierry Moreau, avocat de Michelle Martin, expliquait ce mercredi, dans l’émission Matin première, que la meilleure forme de dialogue entre sa cliente et les parents des victimes serait la médiation judiciaire.

Mais "médiation" est sans doute un terme inopportun dans le cas de Michelle Martin et ses victimes, ou les parents des enfants disparus.  "Ici, il est évidemment impossible que l’auteur des faits et les victimes puissent un jour quelconque se comprendre. Comme il est impossible que les victimes puissent un jour quelconque pardonner à l’auteur des faits", explique Eric Lemmens, bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau de Liège.

Pour l’avocat, il faudrait plutôt parler de " dialogue " : "instaurer un dialogue pour permettre à chacun d’exprimer cette vérité, c’est un pas vers l’humanité de l’autre, et ça je pense que ça reste envisageable aujourd’hui", poursuit-il.

Pour Eric Lemmens, une telle rencontre supposerait évidemment un cadre très strict, sous contrôle judiciaire.

Michelle Martin ne peut entrer directement en contact avec ses victimes et les familles des enfants disparus. C’est l’une des conditions de sa libération.

D. Delhalle

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