La malbouffe infecte toutes les régions du monde

La malbouffe infecte toutes les régions du monde
La malbouffe infecte toutes les régions du monde - © CJ GUNTHER (archives EPA)

"On est foutus, on mange trop", disait Alain Souchon mais, apparemment, surtout on mange mal: trop gras, trop sucré, trop salé, trop de grignotage. Ça suffit, dit l'Onu qui veut taxer les sodas et aliments trop gras.

L'objectif, c'est de lutter contre l'obésité. Il faut dire que la  malbouffe fait des ravages chaque année: 3 millions de morts et beaucoup plus si on ne fait rien.

Aujourd'hui, une personne sur cinq dans le monde est obèse ou en surpoids, plus que ceux qui souffrent de la faim. On mange trop gras, trop salé et trop sucré, et plus seulement chez nous, dans les pays plus aisés, mais aussi dans les pays en développement.

Olivier De Schutter, le rapporteur spécial de l'Onu pour le droit à l'alimentation, avertit: "Au Mexique, 70 % des adultes sont en situation de surpoids ou d'obésité aujourd'hui. 15 % des dépenses de santé au Mexique sont pour le traitement de diabète. Dans 5 ans, on estime que la facture sera supérieure à 5 milliards de dollars annuels."

Et pour lutter contre le fléau, Olivier De Schutter lance un appel aux Etats pour qu'ils prennent le problème à bras le corps. En clair: une taxe sur les aliments et les boissons à teneur élevée en graisse, sucre et sel (c'est le cas au Danemark, en Finlande) pour changer les comportements alimentaires.

"Mon rapport est un appel à plus de cohérence. Que l'on cesse de favoriser des régimes agroalimentaires qui provoquent des diabètes, des cancers, des maladies cardiovasculaires, pour ensuite tenter de réparer des dommages jusqu'aux limites de la capacité de nos systèmes de soins de santé".

La taxe n'est pas la seule mesure préconisée. Le rapporteur spécial de l'Onu demande aussi de limiter la pub pour la malbouffe ou de soutenir les productions locales.

La carotte rapée ou le bâton

La sénatrice Christine Defraigne (MR) plaide pour une exonération de TVA pour les fruits et légumes, afin d'encourager la consommation de produits sains. Elle préconise aussi un doublement de la TVA sur les chips et sodas.

Interrogée dans plusieurs médias après l'appel du rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, qui préconise de taxer la malbouffe, Christine Defraigne a dit "préférer la carotte rapée au bâton".

Elle rappelle sa proposition de résolution, déposée au Sénat, appelant à baisser la TVA sur les fruits et légumes - une mesure qui devrait toutefois être décidée au niveau de l'Union européenne.
La sénatrice est néanmoins favorable aussi à une hausse de la TVA de 6 à 12% sur les produits trop sucrés, trop gras ou trop salés.

Test-Achats en appelle à un travail en amont

Alors que l'ONU appelle à taxer la malbouffe, Test-Achats préconise, elle, de travailler davantage en amont. L'organisation de défense des consommateurs estime qu'il convient d'imposer des normes contraignantes aux industries agro-alimentaires. La taxation de produits néfastes à la santé n'empêchera pas leur libre circulation, souligne Test-Achats.

"Il faut prendre le problème à sa base. Depuis de longues années, nous déplorons que les produits contiennent trop de sucre, de sel, de graisse ou de colorants. Imposer une taxe est une mesure trop facile. La problématique est plus large mais le rapport de l'ONU a le mérite de rouvrir le débat", a réagi mercredi le porte-parole de Test-Achats, Jean-Philippe Ducart, auprès de l'agence Belga.

"Nous nous battons pour un meilleur étiquetage des produits mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Nous demandons plus de contrôles mais nous n'avons pas l'impression que les moyens nécessaires sont déployés. L'industrie agro-alimentaire a toujours quelques guerres d'avance par rapport au pouvoir public", développe Jean-Philippe Ducart.

Alors que Test-Achats encourage la responsabilisation des consommateurs, elle regrette le puissant lobbying exercé par l'industrie agro-alimentaire. "Le consommateur doit être libre de choisir. Ce n'est pas toujours le cas. Ainsi, toutes les pizzas sont trop salées. De plus, l'industrie agro-alimentaire l'habitue à manger sucré, gras et salé", conclut le porte-parole de Test-Achats.

Lionel Deneubourg et Belga

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