La maladie de Parkinson toujours plus présente en Belgique

Ce jeudi marque la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, la date anniversaire de James Parkinson qui, pour la première fois, a sorti de l'ombre cette maladie en 1817. Une maladie dégénérative qui s'installe en 10 à 15 ans. Gianni Franco, neurologue au CHU UCL Namur à Dinant et président du comité scientifique de l'Association Parkinson, insiste sur le coté progressif de la maladie.

"Ça se manifeste d'abord par une malhabileté, un tremblement intérieur, une sensation de mal-être, et progressivement les signes se manifestent, des signes moteurs qui sont dus au défaut d'induire le mouvement, dus aussi à une rigidité et un tremblement", explique-t-il. "Même si ce tremblement est ce qui semble caractériser la maladie pour le tout public, il n'intervient que dans un tiers des cas".

Pandémie

Ces dernières années en Belgique, on note une augmentation significative du nombre de cas recensés, comme le confirme Gianni Franco. "Il y a effectivement 30.000 à 50.000 personnes et 2.000 à 3.000 nouveaux cas par an, ce qui est tout de même assez énorme, d'autant plus que ce sont des personnes âgées entre 45 et 55 ans", affirme-t-il. "Ce sont donc des piliers de familles, avec environ trois à quatre personnes à chaque fois liées à ces mêmes personnes touchées. Ça fait donc 150.000 personnes qui sont impliquées dans la maladie de Parkinson en Belgique".

Pour expliquer cette augmentation du nombre de cas recensés, Gianni Franco parle de pandémie, une épidémie qui s'amplifie d'année en année, avec le recensement de plus ou moins quatre à six millions de personnes dans le monde. "Nous estimons que nous pourrions arriver de 12 à 17 millions de personnes en 2040, ce qui est énorme. Nous voyons aussi que cette pandémie se diffuse des pays de l'Ouest vers les pays de l'Est ", s'inquiète le neurologue. "Nous allons donc effectivement vers des pays qui sont en voie d'industrialisation. Il y a donc de plus en plus de facteurs toxiques, et en particulier les pesticides, qui sont le facteur toxique le plus déclencheur dans la maladie de Parkinson".

Alors que l'on constate généralement que les premiers symptômes apparaissent aux alentours de 50 ans, il semble qu'un rajeunissement soit constaté dû à des méthodes de détection plus fines, plus appropriées et plus efficaces à différents niveaux. "Il y a aussi un développement de la génétique qui nous permet effectivement d'une part de voir qu'il n'y a pas qu'une maladie mais plusieurs maladies de Parkinson, et d'autre part des détections de plus en plus fines et plus personnalisées", comme l'explique Gianni Franco

De là à envisager que le déclenchement de ces maladies de Parkinson soit lié à l'air que nous respirons et aux produits que nous utilisons au quotidien ? "C'est clair qu'il y a des facteurs toxiques qui interviennent. Comme dans toutes les maladies, vous avez une sensibilité qui vous est propre, individuelle ou familiale, qui vous met à la merci de rencontrer cette maladie, mais pour qu'elle se déclenche, il faut un facteur déclencheur", comme l'explique Gianni Franco. "Et là nous avons effectivement les métaux lourds, comme le plomb, les pesticides et d'autres substances qu'on ne connaît pas encore."

De plus en plus de traitements

Les traitements contre cette maladie sont toutefois nombreux. "Actuellement, nous avons beaucoup de traitements, de plus en plus de traitements. Mais tous les traitements sont symptomatiques", précise Gianni Franco. "Ils visent les signes, les symptômes, qu'ils soient moteurs ou non moteurs. Ils sont médicamenteux, chirurgicaux, neurochirurgicaux, de plus en plus fins, de plus en plus adroits et de plus en plus efficaces. Et nous allons progressivement vers un avenir qui est déjà présent, celui de la curabilité de la maladie peut-être.

Même si cette maladie reste pénible, on vit aujourd'hui plus facilement avec Parkinson selon Gianni Franco. "On vit mieux qu'avant, c'est clair, parce que nous avons effectivement aussi compris que le meilleur traitement est celui qui freine le mieux la maladie. C'est le bouger, le bouger avec plaisir et en harmonie". Gianni Franco précise également que l'on ne meurt pas de la maladie de Parkinson, "On meurt parce qu'il y a des complications. Mais la maladie de Parkinson ne tue pas et on peut effectivement s'épanouir avec elle".

Cette maladie n'en reste pas moins évolutive et limitante du point de vue de l'autonomie motrice. "Elle s'accompagne aussi de symptômes non moteurs, avec des douleurs, parfois une dépression qui est due au manque de dopamine mais aussi aux circonstances de la vie", précise Gianni Franco. "On vit aussi avec toutes les répercussions sur le plan individuel et sociétal, puisqu'on s'isole de plus en plus sur le plan du couple, de la société, de la culture".

L'Association Parkinson propose toute une série d'activités et de manifestations pour susciter le retour ou la préservation de la place dans la société, qu'elle soit société économique, mais aussi culturelle au sens large afin de garder cette humanité.

 

 

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