La lutte LGBT, « Ce ne sont plus des grands combats symboliques, mais la volonté d'une société égale »

La lutte LGBT, ce ne
La lutte LGBT, ce ne - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Tous les ans, vers la moitié du mois de mai, Bruxelles se pare des couleurs arc-en-ciel pour accueillir la Pride, cette grande fête célébrant les sexualités autre que hétéro, ces genres fluides et non-binaires. Avec comme point d'orgue, la fameuse Parade, qui se déroulera ce samedi 18 mai pour l'édition 2019. Une édition dont qui a mis à l'honneur le concept d'intersectionnalité.

Ne pas limiter l'identité à une seule caractéristique

« On a pris le parti d’utiliser un terme un peu barbare, mais il nous semblait important de l’introduire, explique Cyrille Prestianni, président de la Belgian Pride, avec nous sur le plateau de Matin Première. En réalité, l’intersectionnalité est l’idée que nous sommes tous au carrefour de plusieurs identités. On n’est pas uniquement homosexuel, on peut être homosexuel et racisé et handicapé et d’une classe qui ne nous permet pas de vivre parfaitement décemment dans la société et de subir la société. C’est donc un peu cette idée de bien faire comprendre qu’aucun combat n’est isolé et que personne n’est vraiment une seule et même identité. »

Il y a tout 50 ans se déroulait un événement majeur dans l'évolution des droits pour les LGBT+ : les émeutes de Stonewall, où la communauté homosexuelle s'est soulevée contre les injustices qu'elle subissait quotidiennement, à une époque où l'homosexualité est encore considérée comme une maladie mentale.

« C’est un événement majeur, c’est une date qui fait date et c’est vraiment un moment où il y a une rupture entre ce qu’il y avait avant et ce qu’il y aura après, commente Cyrille Prestianni. Après, c’est le début d’une émancipation et d’un réveil des consciences et de nombreux combats militants et associatifs, qui ont abouti, un peu partout dans le monde, et spécifiquement en Belgique — on peut quand même en être fiers — à l’accumulation d’un certain nombre de droits, bien que la société, elle, reste encore à faire largement évoluée. »

La Belgique a des lois progressistes pour les droits LGBT

La lutte pour les droits des homosexuels a été longue, et continue encore, en s'ouvrant à d'autres genres et sexualités. En Belgique, la communauté est plutôt bien lotie : notre pays est d'ailleurs classé 2ème dans un classement européen sur l'état des droits LGBT, juste après Malte. « C’est une position qui est extrêmement bonne. C’est le résultat du travail de nombreuses associations, du lobbying de nombreuses associations depuis très longtemps. Je dirais aussi que c’est le résultat d’une politique qui a été entamée après les années 2000, et même un peu avant, mais surtout après les années 2000 en Belgique, qui était une politique très émancipatrice et qui a fait énormément évoluer notre arsenal législatif, arsenal légal. »

« C’est un classement de l’ILGA, qui est une institution européenne, et c’est un classement qui se base uniquement sur les textes de loi. Donc, en Belgique, on a un certain nombre de lois extrêmement progressistes qui défendent et qui permettent de garantir un certain nombre de droits, du moins du point de vue légal, aux personnes LGBT. »

Mais si la Belgique est plutôt progressiste, il reste encore du travail sur certains points, notamment du côté des personnes trans. « Il y a encore beaucoup de problèmes au niveau des personnes intersexuées, et c’est d’ailleurs pour ça que nous avons été légèrement rétrogradés en réalité par rapport à l’année dernière. Sinon, il y a énormément de travail à faire dans la société, que ce soit dans l’enseignement, que ce soit dans le monde de l’industrie, que ce soit dans le monde du sport — on en a parlé hier — il y a encore énormément de travaux. »

« Et je dirais que c’est là la difficulté aujourd’hui, c’est que ce ne sont plus des grands combats symboliques comme « nous voulons le mariage », « nous voulons l’adoption », mais plutôt « on veut une société égale, on doit travailler, on doit lutter contre l’homophobie, cette homophobie, ce racisme, cette haine, cette peur des handicapés, qui sont des freins à l’évolution de notre société. »

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