La lutte contre la perte de biodiversité et le changement climatique menée de front

La perte de biodiversité et le changement climatique sont tous deux causés par les activités économiques humaines et se renforcent mutuellement, soutiennent 50 des plus grands spécialistes mondiaux de la biodiversité et du climat.

Les mesures qui se concentrent exclusivement sur le changement climatique peuvent nuire directement et indirectement à la nature et vice versa. Mais il existe de nombreuses mesures qui peuvent apporter une contribution positive significative dans les deux domaines, concluent les experts jeudi à l’issue d’un atelier de quatre jours organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services – IPBES) et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Les deux en même temps

Les chercheurs sont convaincus qu’aucune des deux problématiques ne trouvera une issue si on ne s’attaque pas aux deux de front. Jusqu’à présent, les approches sont souvent séparées et cela peut s’avérer parfois contreproductif. Le reboisement, par exemple, avec une seule essence d’arbre, souvent exotique, est une mesure privilégiée pour freiner le changement climatique. Mais elle n’est pas favorable à la biodiversité. Quant aux énergies renouvelables, elles constituent un instrument important en vue d’améliorer le climat, mais les experts soulignent que cela repose sur une industrie minière qui n’est pas sans laisser de traces sur l’environnement. Le lithium et le cobalt sont ainsi très prisés pour les batteries des véhicules électriques.

"Terres et océans font déjà beaucoup en absorbant près de la moitié du CO2 émis par l’espèce humaine. Mais la nature ne peut pas tout faire", commente Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES. "Il faut des changements transformateurs dans tous les pans de la société et de notre économie afin de stabiliser notre climat, d’enrayer la perte de biodiversité et de tracer un chemin pour le futur durable que nous voulons. Pour ce faire, nous devrons également aborder les deux crises ensemble, de manière complémentaire."

En Belgique, c’est la Plate-forme belge sur la biodiversité (Belgian Biodiversity Platform, hébergée par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique) qui est chargée d’impliquer les experts et les parties prenantes belges dans le programme de travail de l’IPBES.

 

Biodiversité: JT 09/06/2021

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