La Ligue Braille fête ses 100 ans, enfants et seniors sont les grandes priorités à venir

Pour ses 100 ans, la Ligue Braille fête se modernise avec un nouveau logo.
Pour ses 100 ans, la Ligue Braille fête se modernise avec un nouveau logo. - © RTBF

Cela fait 100 ans cette année que la Ligue Braille a vu le jour. Une série d’activités sont prévues tout au long de cette année 2020 avec le coup d’envoi ce week-end d’un stand spécial "100 ans" à la Foire du Livre de Bruxelles.

"Le premier défi pour les années à venir est de conserver l’idée de base. C’est-à-dire de faire en sorte que la personne aveugle et malvoyante puisse être autonome. Et donc, tout va se décliner autour de cette autonomie, comme par le passé", affirme Christine Beausaert, directrice des services francophones de la Ligue Braille.

"Mais avec un focus un peu plus précis sur les enfants, sur les personnes âgées, sur les nouvelles technologies et sur l’emploi", précise-t-elle.

Apprendre le braille dès l’enfance facilite la vie

La Ligue Braille veut faire en sorte d’accompagner les enfants déficients visuels "tout au long de leur vie et de leur évolution. Parce que c’est évident, si vous n’apprenez pas le braille dans l’enfance, ce sera très compliqué après pour l’apprendre en tant qu’adulte. Mais ce sera aussi fort compliqué de mener une recherche d’emploi et/ou une vie professionnelle, une vie autonome, d’avoir un appartement, d’avoir un compagnon. Et donc, on a vraiment envie de créer du tissu autour de l’enfant, autour de sa famille, autour des profs qui sont tout près de cet enfant-là pour faire en sorte d’être là tout le temps, disponible. A eux de nous actionner quand le besoin se fait sentir dans le cadre de l’évolution de l’enfant", explique Christine Beausart.

Un fonds pour les + de 65 ans devenus malvoyants

L’autre grande priorité pour les prochaines années, c’est d’aider financièrement les personnes qui deviennent malvoyantes après 65 ans : "Si vous avez moins de 65 ans, si vous êtes reconnue avant 65 ans, finalement, les régions (Wallonie, Bruxelles et Flandre) interviennent très correctement pour l’achat de ces aides techniques (matériel informatique et autres qui permettent à la personne malvoyante ou aveugle de rester autonome, ndlr). Donc, finalement pour la grosse majorité de ces aides techniques, si vous avez moins de 65 ans, il n’y a pas de souci. Le gros problème en Belgique, c’est si vous devenez handicapé après 65 ans. Là, effectivement, il n’y a plus d’aide des régions et donc, c’est la personne handicapée, elle-même, qui doit à ce moment-là financer son aide technique qui est parfois très chère (plus de 10.000 euros parfois). C’est pour ça que l’on veut créer un nouveau fonds pour les personnes de plus de 65 ans pour pouvoir aider dans le financement de ces nouvelles technologies", explique Michel Magis, directeur de la Ligue Braille.

Dans un premier temps, ces aides vont aider ces personnes à acquérir un smartphone et/ou une tablette avec différentes applications "qui sont des applications de vie", estime la directrice des services francophones de la Ligue Braille.

Christine Beausart donne en exemple les "GPS qui sont de plus en plus précis. Ils vous donnent le numéro de la maison, par exemple. Il y a aussi des applications qui permettent de savoir ce qu’il y a dans le quartier. Donc vous marchez en rue, et on va vous indiquer où se trouve la boulangerie la plus proche et comment je peux réserver le restaurant le plus proche. C’est aussi la possibilité de pouvoir télécharger des livres et de pouvoir les écouter hors ligne. Un tas de choses qui se développent grâce à la vie civile".

Mais avoir une tablette ou un smartphone, n’est pas suffisant pour Catherine Beausart : "Une fois qu’on a l’appareil en main, on n’est encore nulle part. Il faut des formations pour pouvoir l’utiliser et on va vraiment mettre en place des formations tablettes et smartphones. On en a déjà, mais on va les intensifier. On a vraiment envie que la personne puisse nous interroger aussi tout au long de son utilisation".

Il faut dire qu’en Belgique, "la malvoyance frappe principalement après l’âge de 65 ans", selon la Ligue Braille. Et s’il n’y a pas de chiffres officiels, l’association se base sur le nombre de personnes malvoyantes ou aveugles dont elle s’occupe pour le déduire : environ 15.500 personnes sur toute la Belgique dont plus de 70% ont plus de 65 ans.

Une semaine de répit

Autre nouveauté pour les personnes déficientes visuelles : l’organisation d’une semaine de répit pendant le congé de Toussaint : "C’est vraiment une prise en charge globale, de l’enfant et de ses parents, avec des compétences diverses d’ophtalmologues, de psychologues, d’accompagnateurs. Et ça, c’est vraiment, je pense aussi l’avenir, d’avoir une approche coordonnée encore plus multi-pluridisciplinaires pour un accompagnement le plus adéquat possible de la personne", explique Michel Magis directeur de la Ligue Braille.

Autrement dit, une équipe pluridisciplinaire prendra en charge les enfants aveugles ou malvoyants pendant que les parents profiteront d’un moment de répit et d’échanges psychothérapeutiques en groupe.

De nombreuses activités au programme de cette année anniversaire

Pour fêter ses 100 ans, la Ligue Braille propose trois concerts de la Scala à Bruxelles, Charleroi et Gand.

Un BrailleMobile va également faire halte pendant 2 à 3 jours dans 12 grandes villes belges. L’idée de ce bus aménagé est de proposer aux personnes malvoyantes et aveugles d’acquérir du matériel (parmi une petite centaine d’articles) pour les aider à renforcer leur autonomie, mais aussi sensibiliser le public à la cause.

Des animations seront d’ailleurs organisées, avant chaque étape, dans des écoles du primaire et du secondaire pour sensibiliser également les élèves à la problématique.

La Ligue Braille a d’ailleurs tenu à se moderniser pour l’occasion avec un nouveau logo et une revue trimestrielle modernisée.

"Il ne faut pas rester chez soi"

Et comme en témoigne Marie-José d’Asse, "il ne faut pas rester cloîtrée à la maison" quand on est malvoyant. Pour cette dame, née malvoyante, la Ligue Braille est sa seconde maison depuis plus de 30 ans. Pour elle, c’est important d'"avoir des contacts avec des personnes. On a tous les mêmes problèmes et on peut en parler ouvertement !"

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